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Furet - vison Elevage, forum
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Posted: Sun 9 Nov 2008 - 12:43 Post subject: donner de l'os a un furet |
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BOB CHURCH, OS ET FURETS
Date : 20/05/2003 Objet : Sommaire
Voici les sous-titres présentant les sujets qui vont être abordés dans la série de posts consacrée aux furets mangeant des os. Comme vous pouvez le voir, j’essaierai d’aborder TOUS les aspects liés à la consommation d’os afin que les lecteurs soient suffisamment qualifiés pour décider par eux-même s’ils veulent prendre le risque de donner des os à leurs furets. En examinant soigneusement les sous-titres, vous remarquerez probablement que des questions et objections soulevées par un aspect de la discussion sont abordées ultérieurement Bien que vous puissiez poser des questions ou émettre des objections à tout moment, je suggère qu’elles soient mises de côté jusqu’à la fin de la discussion, je serai ensuite ravi d’y répondre. Que ceux qui n’ont pas la patience d’attendre soient conscients que dans l’intervalle, je ne prendrai pas en considération les questions et réponses, qui ont une fâcheuse tendance à prolonger une discussion déjà pleine à craquer.
Les sous-titres sont :
Consommation d’os :
1. Présentation du problème 2. Définition du problème 3. En finir avec les analogies 4. Dîner avec des putois 5. Une preuve irréfutable 6. Notion de risque 7. Activités à risques 8. La digestion des os 9. La digestion chimique 10. Effet de l’os sur une dent saine 11. Mécanique des os 12. L’os en tant qu’aliment 13. La dent : son impact sur la consommation d’os 14. Effet d’un os cuit sur une dent saine 15. Effet des aliments secs sur une dent saine 16. Usage abusif des dents cassées (A, B) 17. Les bienfaits authentiques des os 18. Presque au bout 19. En fin de compte (A, B)) 20. Questions (B, C, D, E, F, G, H)
Il s’agit d’une discussion riche en informations, et j’insiste sur le fait que bien que le contenu soit parfois dense, toute personne sachant se servir d’un ordinateur et se connecter à Internet est assez intelligente pour suivre mes propos. Si j’oublie de définir un terme technique, envoyez-moi un email privé et je vous répondrai de même. Si je reçois suffisamment de demandes, je posterai un glossaire succint. Soyez conscients que ces posts ne traitent pas seulement des furets mangeant des os. D’autres aspects de la vie des furets sont également abordés, comme le stress, l’alimentation, la santé dentaire, l’anatomie des os, l’écologie buccale, les dangers des croquettes, la digestion chimique, les modèles scientifiques, le risque, et plus encore. Vous n’apprendrez pas seulement des choses sur les avantages et inconvénients de nourrir les furets avec des os, mais aussi comment reconnaître quand quelqu’un est si pathologiquement effrayé par la notion de risque qu’i vous manipulera avec le « coup d’intox MEE » (Mythes, Emotions, et Experts) afin de contrôler votre pensée. Bien que je sois clairement partisan de donner des os, même lors de mes conférences la semaine dernière j’ai dit aux gens qui s’inquiétaient des risques pour la santé de simplement s’abstenir. Avant même de présenter la discussion, je le redis : si les craintes liées au fait de donner des os à vos furets génèrent chez vous beaucoup d’anxiété, alors ABSTENEZ-VOUS.
Bob C
Date : 20/05/2003 Objet : Présentation du problème
Q : « Je vous ai entendu dire [au Ferrets 2002 Symposium] que manger des os était sans risque pour les furets…et là, il y a eu une longue discussion sur le FML qui appelle une réponse de votre part. Etes vous sûr qu’il n’y ait aucun risque ? »
R : [[i]Court délire intraduisible, rempli de jeux de mots avec des noms d’os, sans importance pour la suite[/i]]
Présentation du problème :
Cette question est revenue plusieurs fois la semaine dernière quand j’ai rendu visite à plusieurs membres du FML, et j’ai cru comprendre qu’elle a fait l’objet de plusieurs posts récents du FML (sur lesquels je fais l’impasse pour l’instant de sorte à ne pas biaiser cette discussion). Tout le monde semble avoir une opinion sur cette question, mais il y a de fait peu de publications scientifiques abondant dans un sens ou dans l’autre, hormis le grand nombre d’inférences indirectes longuement abordées dans les publications de zoologie, paléontologie et zooarchéologie. En effet, des volumes entiers ont été publiés sur les moyens de distinguer des os mâchés, consommés, digérés et éliminés par des carnivores, de ceux rejetés par l’homme,. J’ai présenté et publié des travaux scientifiques sur ce sujet là et je mène des recherches actives sur la consommation d’os. Par conséquent, j’ai amassé une collection considérable d’os rongés, digérés et éliminés par une foule de carnivores, comprenant le vison, des petits et grands félins, divers canidés, des humains et, bien sûr, des putois, des furets sauvages, et des furets de compagnie (note présumée humoristique sur les furets non traduite car mal comprise). L’os ne ment pas à ceux qui savent déchiffrer son langage unique, et le contenu du message est que les carnivores sont CONCUS pour manger des os. A quelques exceptions près, TOUS les carnivores mangent des os ; ils ont des adaptations spéciales pour le faire sans risque, ils ont le désir de le faire, et l’os est un aspect important de leur alimentation (évolutive) naturelle.
Lors de Furets 2002, la question des furets mangeant des os est arrivée durant une période de questions / réponses, et dans ma réponse conseillant de donner des os aux furets, j’ai souligné le manque de publications scientifiques SPECIFIQUES prenant position dans un sens ou dans l’autre. Par la suite, à la demande d’un véto furet, j’ai entamé une recherche sérieuse sur la consommation d’os par les furets et d’autres carnivores, avec pour but ultime une publication dans une revue scientifique. Je suis en train d’écrire cet article, et mes travaux m’inspirent suffisamment confiance pour revenir sur certains résultats avec des membres du FML. Parce que l’article tombe sous le coup de la propriété intellectuelle, et qu’il est difficile de publier quelque chose qui est passé dans le domaine public, je ne peux pas et je n’ai pas l’intention de révéler certains points particuliers et des données chiffrées, ni de communiquer de références, vous devrez simplement attendre que l’article ait été soumis à la communauté scientifique et publié. CEPENDANT, si un lecteur a une raison LEGITIME d’avoir accès à de telles informations, je réaliserai volontiers une épreuve de l’article disponible au cas par cas, avec une mention « Ne pas citer, copier, publier, divulguer, redistribuer ou poster sans la permission de l’auteur »
Comprenez-moi, il s’agit d’un examen des bienfaits et des dangers de la consommation d’os, pas d’une réponse en deux mots. Cela prendra un certain temps pour le poster dans son intégralité. N’importe qui peut donner un bref avis, et beaucoup ne s’en privent pas, mais le lecteur, sans (en français dans le texte) preuve, se trouve dans la position peu enviable de déterminer quelle opinion prévaut sur les autres. Les explications approfondies sont rarement courtes, mais elles permettent d’aller vraiment au fond des choses, donnant aux lecteurs les outils pour décider par eux-même. Je tâcherai de ne pas jouer sur les émotions pour dire une chose importante, en laissant les faits parler d’eux-mêmes. Je suggère aux membres du FML de lire ces posts, et particulièrement les réponses, avec circonspection. Il est important de comprendre (et de retenir !) que ni les « possibilités » ni les « potentialités » ne constituent des preuves irréfutables, la « crainte » n’est pas une vérification, « les chiens ont des problèmes » ne prouve pas que les furets en aient, « mon véto a dit que c’était dangereux » n’est peut-être rien de plus qu’une opinion, et le simple fait de crier « c’est SEULEMENT une hypothèse » ne suffit pas pour la réfuter. En présence d’une preuve reposant sur une observation, demandez des détails spécifiques de façon à ce que l’histoire puisse être confirmée ou que des témoignages multiples puissent être rattachés à une seule et même observation. Rejetez TOUTE observation qui ne peut pas être confirmée de source indépendante, même si elle émane d’un véto ; vous ne pouvez jamais dire si c’est vrai. Pardessus tout, PENSEZ par vous-même !
Bob C
Date : 20/05/2003 Objet : Définition du problème
Certaines personnes, dont des vétos, souffrent de paranoïa obsessionnelle à l’idée de donner des os aux furets. Parmi les inquiétudes exprimées, on trouve la crainte que des os pourraient se coincer au fond de la gueule, dans l’œsophage ou les intestins, causes possibles de blocages. Ils craignent que des arêtes tranchantes et des pointes de fragments d’os puissent couper ou perforer des parties de l’appareil gastro-intestinal. Ils suggèrent que les furets pouraient s’étouffer avec des fragments d’os ou se piquer ou se couper les gencives. Ils paniquent à l’idée que les furets pourraient se casser les dents sur un os dur. Il y aurait sans doute d’autres inquiétudes, celles là couvrent la plupart des objections que j’ai pu lire ou entendre au fil des ans. Comme je l’expliquerai plus tard, ces craintes à propos de la consommation d’os tendent à découler de préjugés personnels, au mépris de l’expérience vécue. Vous pouvez en avoir la preuve en posant deux questions simples à votre véto, « Conseillez vous de donner des os aux furets ? » et « Pouvez vous me donner deux références indépendantes et reconnues par la communauté scientifique qui étayent votre opinion ? » Tous les vétos peuvent répondre à la première question ; c’est la seconde qui crée un blanc.
La plupart des arguments relatifs à de misérables os tranchants, causant des problèmes d’une manière ou d’une autre, sont improbables. Ils relèvent du domaine du « et si » ou du « mon ami dit que », plutôt que de reposer sur des faits. Un dilemme courant est l’exagération manifeste des problèmes, telle que « les os pourraient couper les gencives ». Arrêteriez vous de manger des chips de maïs triangulaires [[i]? traduction littérale[/i]] sous prétexte qu’une d’entre elles s’est plantée dans vos gencives ? Les exagérations manifestes incluent « les os peuvent étouffer les furets » (les furets s’étouffent avec des aliments secs et de l’eau), et « les os peuvent blesser les dents » (pire que les aliments secs extrudés ?). Les gens sont prévenus des dangers d’étouffement avec des arêtes de poisson, mais dans une étude récente, la première cause d’étouffement (nécessitant des secours) dans les restaurants était le pain. En reprenant les standards établis dans un monde du furet anti-os, cet argument pourrait s’appliquer au pain ! Songez à cela ; des nouveau-nés peuvent s’étouffer, et cela arrive, lors de l’allaitement au sein, et sont morts étouffés en buvant au biberon. Devrions nous tatouer des étiquettes de mise en garde sur les poitrines ou interdire les biberons ? L’exagération manifeste d’un risque place la perception de la blessure loin devant le risque réel de blessure, comme déconseiller aux gens de travailler avec du bois parce qu’une écharde pourrait causer une septicémie et les tuer. Le risque réel est bien moindre que l’exagération manifeste du risque perçu.
Ce type d’exagération manifeste est communément employé dans le « coup d’intox MEE », une manipulation pour rallier les esprits à un point de vue personnel. Le MEE, sigle pour « Mythe, Emotion, Experts », est une technique qui consiste à rappeler au lecteur un mythe sans fondement (les chiens s’étouffent avec des os, donc les furets sont en danger), jouer sur l’émotion (je ne pense qu’à la santé des furets), et enfin citer un expert pour défendre son point de vue (un tel dit que c’est dangereux) . Vous êtes bluffés par ce qui paraît être une démonstration factuelle et soutenable. Pourtant, en réalité, il n’y a là rien de plus que des mythes et des rumeurs, étayés par une opinion sans fondement et enveloppés dans un emballage émotionnel, conçu pour rallier les gens à un point de vue sans valeur et sans fondement en les effrayant. Les « coup d’intox MEE » sont communs en politique, dans les salles d’audience, et les groupes de discussion sur internet. Traquez le manque de preuve (données), le manque d’informations vérifiables, (le qui, quoi, quand, où, et comment de l’anecdote), et le recours à des experts qui expriment des opinions, plutôt que de citer des études examinées et publiées.
Néanmoins, l’exagération manifeste ne peut exister en l’absence de danger potentiel. L’os a causé, cause et causera occasionnellement un problème chez les furets, et sur une période suffisamment longue, tous les risques pressentis se produiront du plus anodin au plus grave. C’est une certitude statistique. Songez à cela, alors que le danger est infime, des gens sont frappés par la foudre, aspirés par des tornades, et même frappés par des météorites. Avec suffisamment de temps, les évènements les plus improbables se réalisent, comme une personne frappée SEPT fois par la foudre et en réchappant ! Malheureusement, quand des évènements rares se produisent, ils ont un énorme impact émotionnel, les faisant apparaître bien plus dangereux qu’ils ne le sont en réalité.
L’exagération manifeste prospère dans les situations où peu d’information est disponible. Si l’information directe pour une espèce fait défaut, les experts essaient de répondre aux questions en utilisant des exemples provenant d’autres espèces. Si l’exemple est basé sur d’autres animaux du même type, c’est une homologie. Par exemple, la réaction de mes furets après avoir ingéré du Tylenol peut servir d’homologie pour prédire ce qui pourrait arriver si vos furets mangeaient ce truc. Si les espèces sont différentes, la comparaison est probablement une analogie. Par exemple, utiliser la réaction d’un humain mangeant du Tylenol comme exemple de ce qui pourrait arriver si un furet l’ingère, est un exemple analogue. Le problème est que toutes les analogies ne sont pas valides : utiliser les humains comme analogie pour faire le lien entre les furets et le Tylenol serait une grave erreur, fatale.
Bob C
Date 21/05/2003 Objet : En finir avec les analogies
Peut-être le problème suprême, en faisant appel à des modèles pour discuter d’idées personnelles, est il l’usage erroné d’exemples analogues sans valeur, présentés comme de solides exemples homologues. Par exemple, la majorité des objections relatives au fait de donner des os aux furets est basée sur d’autres espèces rencontrant des problèmes, comme les chiens dévorant des os de poulet ou des arêtes de poisson. La question est de savoir si ce type d’analogie résiste à l’analyse.
Un chien croquant et engloutissant un os de poulet ne peut PAS se comparer à un furet rongeant un os impossible à avaler entier. Les chiens sont des loups domestiqués et ont développé une façon de manger consistant à arracher et engloutir des gros morceaux de viande aussi vite que possible. A l’opposé, les furets sont des putois domestiqués qui ont développé une façon de manger consistant à transporter la proie dans une cachette (ou la tuer là-bas) et la manger sans se presser. La raison est évidente. Combien de prédateurs attaqueraient une meute de loups pour leur voler leur nourriture, ou essaieraient de tuer et manger les loups eux-mêmes ? Opposez cela au nombre qui s’en prendrait à un putois solitaire mangeant un lapin. Les putois sont poussés à se cacher en mangeant par atavisme ; c’est un réflexe de survie, autant qu’une méthode pour préserver le droit à la propriété sur leur proie. Il est difficile pour un prédateur plus gros de voler le dîner d’un putois (ou de tuer le putois) pendant qu’il mange, caché dans un terrier ou le creux d’une racine. L’instinct de se cacher en mangeant est si fort chez les furets que même après 2500 ans de domestication, beaucoup continuent de saisir un morceau de croquette, et puis de se cacher dans un endroit retiré. Cela est particulièrement visible chez les furets ne se sentant pas en sécurité ; certains iront jusqu’à ne pas manger en présence d’autres furets ou même s’il y a des gens.
Il s’ensuit que comparer le chien au furet pour la façon de manger est une analogie sans grande valeur ; le faire avec le chat serait plus approprié. La plupart des chats, même les grands félins comme les léopards, utilisent la technique de « traîner la nourriture dans un endroit sûr pour manger », similaire aux furets, et pour les mêmes raisons de survie et de droits de propriété sur la proie. L’augmentation de la sécurité pendant le temps de repas est renforcée par le manque de concurrence de congénères pour le partage des restes. Une raison (parmi beaucoup d’autres), pour laquelle les loups engloutissent le plus de nourriture possible aussi vite que possible, est qu’il y a plusieurs autres mâchoires qui claquent en essayant d’engloutir le plus de nourriture possible aussi vite que possible. Les chats et les putois festoient seuls, alors entre la sécurité de se cacher pour dîner et le fait de ne pas avoir une meute de concurrents affamés tentant d’attraper le même morceau de viande, ils peuvent consommer leur proie sans se presser. Les chats et les furets sont des mangeurs lents et délicats, sélectionnant dans leur nourriture leurs morceaux favoris, alors que les chiens aspirent leur nourriture sans aucuns scrupules. Les lions, qui obéissent à un schéma canin en terme de structure de groupe et de chasse à plusieurs, dévorent aussi leur nourriture pour les mêmes raisons.
Encore un point ici sur les chiens et les os. Une visite dans n’importe quel magasin d’animaux vous permettra d’observer des rayons d’os, fumés, stérilisés ou que sais-je encore, pour chiens. Ce sont typiquement des os de vache, mouton ou cochon. Ce qui est remarquable dans ce cas est que ces os sont proportionnés au chien comme les os de poulet sont proportionnés au furet, en termes de taille d’os rapportée à la taille de l’animal. Ceci soulève la question : « Si un chien peut mâcher un os de vache, pourquoi un furet ne peut-il pas mâcher un os de poulet ? »
Bob C
Date : 21/05/2003 Objet : Dîner avec des putois
L’ancêtre des putois a développé la faculté de se frotter à des os de tailles diverses, sinon ils auraient disparu ou seraient devenus des vaches courtes sur pattes. Les putois mangent la plupart des animaux plus petits qu’eux, et quelques-un bien plus gros. Ces espèces/proies, principalement des vertébrés, ont en fait beaucoup de petits os. Je ne vois pas comment un carnivore peut consommer des petites proies sans manger beaucoup d’os petits ou fragmentés. En fait, l’identification des dents et des os (et de la fourrure) trouvés dans les fèces est l’un des moyens employés par les zoologistes pour déterminer le régime d’un carnivore. Pourtant, sur plus d’un siècle de littérature scientifique, je peux trouver moins d’une demi-douzaine de cas où la cause confirmée de la mort d’un carnivore non domestiqué, quel qu’il soit, était d’avoir mangé des os. Je concède qu’il y a beaucoup de rapports ayant trait aux chiens ayant des problèmes avec des os, mais ce sont des animaux domestiques avec des modifications importantes du crâne.(je développerai ce point ultérieurement). Les furets ont été d’abord domestiqués pour détruire les souris et les rats, et pour chasser les hamsters, les marmottes, et les sousliks, une sorte d’écureuil terrestre européen. Plus tard, alors que les chats les supplantaient pour la dératisation, les hamsters devenaient rares, et les lapins étaient introduits dans une plus grande partie de l’Europe, les furets ont été utilisés pour chasser le lapin. De ce fait, et de par les rétro croisements fréquents avec des putois pour assurer un meilleur allant à la chasse, perdu avec la domestication, alors que les comportements ont beaucoup changés, et la physiologie reproductive dans une certaine mesure, la forme et la taille du corps et du squelette n’ont pas évolué.
Cela signifie simplement que si les putois possèdent l’aptitude mécanique de manger des os, les furets aussi. La présence de furets sauvages en Nouvelle Zélande, dont le régime alimentaire est constitué essentiellement de lapins, lézards, oiseaux, et charognes, contenant tous de petits os, corrobore ce point. Comme preuve supplémentaire, considérez le régime alimentaire historique des furets, qui incluait toujours (au moins dans le meilleur des cas), des morceaux ou des carcasses complètes d’animaux. Il fut un temps (et même encore aujourd’hui) où parmi celles ci on trouvait des restes de poulet, des rats, des souris, des serpents, du poisson et des anguilles, rendant improbable le fait que le furet ne soit pas tombé sur des os de temps à autre. Il n’y a aucun document historique, au moins que j’ai pu trouver, qui suggère que des furets aient jamais rencontré un problème en mangeant des os. En effet, la plupart des livres sur les furets du siècle dernier suggèrent que des carcasses entières, contenant les os, constituent le meilleur régime alimentaire pour les furets.
Une raison essentielle pour laquelle les chiens sont de piètres analogons pour les furets mangeant des os est que leur gueule et leur gorge ont subi d’importantes modifications morphologiques au cours de la domestication. L’arcade dentaire a changé de manière significative par rapport aux loups (soit plus courte, plus large, plus longue, plus étroite ou deux choses à la fois), la base du crâne a changé dans beaucoup de races. Il n’y a pas que la largeur ou la longueur de la gueule qui compte dans la déglutition mais aussi l’angle du fond de la gorge. Même des changements mineurs au niveau de la base du crâne peuvent modifier l’angle de l’appareil hyoïdien, une série de petits os qui relient la langue et le larynx au crâne. La base de l’hyoïde est encastrée dans la racine de la langue, et quatre courtes chaînes de petits os la fixent à la base du crâne à une extrémité et au larynx à l’autre. Des modifications dans l’angle de l’hyoïde peuvent avoir potentiellement une grande influence sur la manière dont la langue est suspendue au fond de la gorge. Dans certains cas, ces modifications pourraient faciliter chez le chien le passage d’os qui pourraient se loger dans l’œsophage. Les furets ont subi de nombreuses modifications comportementales et quelques modifications physiologiques en raison de la domestication, mais les modifications du crâne ont été relativement mineures, si tant est qu’il y en ait eu. La biomécanique de la déglutition chez les furets est restée presque inchangée par rapport au putois. Une preuve supplémentaire peut être trouvée chez le chat, domestiqué pour les mêmes raisons originelles que le furet, pour détruire les rats et les souris. Alors que certaines races modernes de chats de compagnie présentent des modifications importantes du crâne et de la dentition, ce n’est pas le cas pour la plupart des autres. Les chats de gouttière ont la même aptitude biomécanique à consommer des os que leurs ancêtres sauvages. Si on prend en compte le fait que les chats arrivent à retourner à l’état sauvage et le nombre de petits animaux sauvages qu’ils consomment, ainsi que la propension des chats domestiques à chasser quand ils sont au dehors, il est évident qu’ils mangent des os régulièrement et en toute sécurité. Parce que leur utilité et les modifications morphologiques induites par la domestication sont assez similaires entre les chats et les furets, et que la biomécanique de la consommation des proies est restée relativement inchangée, on peut par conséquent probablement présumer sans risque que la domestication n’a pas modifié la biomécanique de la consommation d’os chez l’une ou l’autre espèce.
Les furets sont uniques sur un point. Comme les chats, ils dînent seuls, se cachent pendant qu’ils mangent, et mangent lentement et tranquillement. Comme les chiens, ils ont l’instinct bien ancré de ronger les os qui restent après avoir consommé les organes et les muscles de leur proie. Ces deux traits s’expliquent par l’économie de prédation et la niche écologique occupée par le putois. C’est le cours de l’évolution du putois qui dicte le mode alimentaire du furet, y compris le désir et l’aptitude à consommer des os.
Bob C
Date : 21/05/2003 Objet : Une preuve irréfutable
S’il y a peu de preuves par écrit, y a t’il des expériences vécues ? Pour le vérifier, j’ai obtenu une copie de la liste actuelle des membres du AVMA, et utilisé une table de nombres aléatoires pour choisir des vétérinaires (à l’exception des vétos furets réputés, pour minimiser les biais). J’ai appelé ces vétos choisis au hasard, et s’ils reconnaissaient voir 20 furets ou plus par mois, je leur posais une série de questions qui comprenaient le fait de donner des os à manger à divers animaux et aux furets. J’ai continué à appeler au hasard des vétos de la liste jusqu’à ce j’ai parlé à 100 vétos en tout (je suis un mordu des échantillons statistiques). Parmi les nombreuses choses que j’ai découvertes, il y avait le constat que si les vétos étaient contre le fait de donner des os aux chiens, ils étaient généralement contre le fait de donner des os à N’IMPORTE QUEL animal. Réciproquement, s’ils étaient pour le fait de donner des os aux chiens, ils avaient généralement très peu d’objections quant au fait de donner des os aux furets. Qu’est ce que cela signifie ? Cela pourrait signifier que l’attitude des vétos, face au fait de donner des os à N’IMPORTE QUEL animal, est dictée par des préjugés personnels. Cela suggère probablement aussi que l’information disponible ne permet pas de se prononcer et que les professionnels de la santé animale basent leurs décisions non pas sur des faits démontrables, mais sur une opinion sans fondement. En d’autres termes, en l’absence de preuve définitive, les vétos font comme tout le monde, ils se fient à leur propre système de croyances pour la réponse. C’est à dire les préjugés personnels.
En fin de compte, EN INSISTANT, la plupart des vétos admettaient qu’ils n’avaient pas vraiment vu de problèmes liés à la consommation d’os des furets ou peut-être, dans quelques cas très rares, juste un problème occasionnel au cours de leur carrière. Parfois, un véto apprendra qu’un furet consomme des aliments naturels, y compris des os, et laissera entendre qu’un fragment d’os a causé un problème particulier, mais sans jamais confirmer le diagnostic avec une radio, une opération ou une autopsie. Ce genre de diagnostics hypothétiques et non prouvés sont souvent pris pour argent comptant par les propriétaires de furets, et l’incident rejoint les preuves anecdotiques à l’encontre de cette pratique. Par exemple, je suis au courant d’un incident spécifique où un véto avait diagnostiqué une perforation de l’intestin par un fragment d’os, ayant entraîné un saignement et une infection fatale pour le furet. Ce diagnostic était basé sur une radio qui montrait des petites particules d’os dans l’intestin. On mit la mort sur le compte des os, et l’incident aurait rejoint les arguments contre la consommation d’os si le propriétaire n’avait pas tout remis en cause en insistant pour que soit pratiquée une autopsie. L’autopsie révéla que le pauvre furet était mort d’une occlusion intestinale causée par l’ingestion d’une éponge, ce qui n’apparaissait PAS à la radio MAIS était sans équivoque à l’autopsie. L’os n’avait RIEN à voir avec la mort ! J’ai fait une découverte encore plus intéressante quand je me suis intéressé à la suite de l’histoire ; j’ai découvert que le véto continuait d’affirmer que le furet était mort en mangeant un os, même si une copie des résultats de l’autopsie réfutait cette conclusion. Dans un autre cas, un os était accusé d’avoir causé un saignement oesophagien et gastrique, dont une autopsie prouva qu’il était provoqué par un ulcère. Le problème avec la preuve tirée d’une expérience vécue est qu’elle est plus la preuve des préjugés de l’observateur qu’un fait scientifique.
Alors que les anecdotes abondent, les écrits vétérinaires manquent de références sérieuses à des problèmes chez les furets causés par la consommation d’os. Comme indiqué précédemment, il y a seulement une poignée de problèmes dont la cause avérée était la consommation d’os chez les carnivores, bien moins chez les mustélidés. Au total, les données confirmant la dangerosité de la consommation d’os par les furets sont un fantôme statistique. Ca ne veut pas dire que certaines personnes ne sont pas convaincues que la consommation d’os a fait du mal à leurs furets, ni que j’insinue qu’il n’y a jamais de problèmes. J’affirme seulement que si la consommation d’os était aussi dangereuse pour les furets que certaines personnes l’insinuent, non seulement il y aurait de meilleures preuves à l’appui, mais aussi des preuves irréfutables capables de résister à une analyse statistique. Il n’y en a pas. Comme je le disais : c’est un fantôme statistique.
Bob C
Date : 221/05/2003 Objet : Notion de risque
Pourtant, malgré des millions d’années d’évolution, des milliers d’années de domestication, et des centaines d’années de science moderne, la consommation d’os présente évidemment un certain risque, sinon nous ne serions pas là. Toute discussion sur le risque prend forcément une tonalité émotionnelle ; même si la probabilité d’être frappé par la foudre est de une sur sept millions, le résultat est dévastateur pour cette seule personne touchée. Il est important de comprendre qu’une discussion sur le risque n’a pas pour but de minimiser l’impact émotionnel d’une telle blessure ou mort, soudaine et dévastatrice.
Il est aussi extrêmement important de comprendre la nature quotidienne du risque ; les gens qui décrient le fait de fait de faire courir un risque aux furets en leur permettant de manifester des comportements aussi naturels que de mâcher des os vont se mettre en danger AVEC leurs furets simplement en les conduisant chez le véto. Se rendre en voiture chez le véto est RISQUE. Les USA annoncent pour l’année 2001, 42 116 accidents de la route mortels sur une population d’environ 284 796 887 (recensement USA 2000), avec des chiffres en légère augmentation pour 2002 (estimation préliminaire = 42 850). Cela signifie que sur deux ans, 1 personne sur 6704 serait morte dans sa voiture, avec environ 42 % de chance que la mort soit liée à l’alcool. Cette statistique ne prend pas en compte la probabilité d’un accident non mortel, un événement ayant beaucoup plus de chances de se produire, et pouvant blesser ou tuer les furets. On est encore très loin du risque encouru en fumant ; selon l’AMA, les fumeurs ont environ 1 chance sur 3 de développer une ou plusieurs maladies liées à la cigarette. Avec une telle probabilité, jouer à la roulette russe laisserait plus de chances. Il est intéressant de noter à ce sujet qu’il n’y a pas de compte-rendu scientifique publié qui établisse que la consommation d’os présente un risque pour les furets, mais qu’il en a au moins trois qui ont démontré que le tabagisme passif faisait courir un très grand risque aux furets. Pourtant, les propriétaires de furets, qui sont choqués à l’idée même de donner des os à un furet, continueront à lancer des bouffées de fumée en leur présence. Le fait est que la plupart des gens n’évaluent pas un risque en fonction d’une probabilité statistique, mais plutôt du danger perçu.
Quel est le risque réel (absolu) encouru lorsqu’un furet mange un os ? C’est difficile à dire puisqu’il n’y a aucunes données connues déterminant le nombre de furets mangeant des os, le nombre de furets mangeant des os qui ont des problèmes ou même le nombre exact de furets vivant en Amérique à vrai dire. TOUTE estimation chiffrée serait une supposition, ne permettant pas de déterminer le risque absolu. Cependant, en sachant que le fait de nourrir les furets avec des aliments contenant des os a été la norme au cours des 25 siècles passés, et que le nombre de cas confirmés de furets ayant trouvé la mort en consommant des os est très faible, nous pouvons supposer sans hésiter que le risque absolu associé à de telles pratiques serait excessivement faible. En d’autres termes, bien que nous ne puissions déterminer la valeur numérique du risque absolu d’une blessure en mangeant des os, nous savons que d’un point de vue statistique, il est très faible.
Il y a une autre façon d’appréhender un risque. Nous pouvons comparer un ensemble de phénomènes à un autre, en ignorant les chiffres précis et en examinant seulement la probabilité d’une blessure liée à chaque activité., plutôt que le risque absolu. Par exemple, le risque absolu de se blesser pendant un match durant une carrière de joueur de football professionnel est de 100%, mais le risque relatif pour un américain moyen doit se situer quelque part au-dessus du risque d’élongation d’un muscle en clignant des yeux et en deçà de celui de se blesser en jouant avec une X-box. Le risque relatif est une hiérarchie des blessures possibles qui n’indique rien de plus que la probabilité de se blesser en faisant une chose est plus ou moins grande qu’en faisant autre chose. Par exemple, sur l’ensemble de la population, un furet a plus de chance d’être blessé en se faisant piétiner accidentellement qu’en se glissant discrètement dans le lave-vaisselle. Le risque relatif ne tient pas compte du nombre de personnes se frayant un passage au milieu d’un troupeau de furets ou possédant un lave-vaisselle. Il ne tient pas compte non plus de la fréquence réelle, mais seulement de la distinction entre « plus » ou « moins ». Dans la mesure où on signale plus de blessures et de morts de furets par piétinement qu’à cause d’un lave-vaisselle, on peut affirmer sans hésiter qu’à l’intérieur d’une population donnée, le risque relatif de blesser ou de tuer un furet en marchant dessus est plus grand que celui d’un trauma associé à un lave-vaisselle. Bob C
Date : 221/05/2003 Objet : Activités à risques
Quels sont les risques encourus par les furets de compagnie ? Pour répondre à cette question, j’ai fait des recherches dans les archives du FML, Agricola, Biological Abstract, Medline, WorldCat, Science Citation, les écrits vétérinaires universitaires, et mes références personnelles sur les furets qui comprennent un nombre considérable d’écrits officieux et de rapports médicaux non publiés hérités de vétos bien-aimés. Pour filtrer les données, J’ai introduit ce que j’ai pu établir au sujet de mes propres furets. J’ai aussi ajouté tous les cas dignes de foi portés à ma connaissance. Plutôt que de me soucier des cas particuliers non significatifs, j’ai regroupé tous les problèmes qui n’étaient arrivé qu’une seule fois à l’intérieur de catégories plus générales. Pour figurer sur la liste, le problème devait être rapporté par un témoin direct (en cas d’accident), ou par un procédure médicale documentée (opération, autopsie, etc.). TOUS les cas où le diagnostic était conjectural ont été éliminés. Par exemple, un témoignage sur un furet piétiné, ou tué par un chien, figure sur la liste, mais pas celui de quelqu’un disant, « Mon véto pense que mon furet a pu manger du raticide », sans preuve à l’appui telle qu’une prise de sang ou un emballage mâché. Aussi, puisqu’il s’agit d’une discussion sur le risque, pas sur la mortalité, je n’ai fait aucune distinction entre mort et blessure, ou même entre les niveaux de gravité des blessures. Un témoignage sur une blessure mentionnée plus loin comme ayant entraîné la mort n’a été compté qu’une seule fois. Un témoignage isolé sur un furet ayant été blessé ou 50 témoignages relatant la même mésaventure, ont compté pour un seul cas. C’était vraiment une chose très difficile à déterminer car les détails ont tendance à changer suivant les témoins (autre problème de la preuve fondée sur un témoignage), aussi certains évènements peuvent être légèrement sous ou sur représentés. La décision la plus difficile était la manière de compter des évènements rares mais désastreux, qui touchent un grand nombre de furets à la fois, comme des incendies domestiques ou des accidents de la circulation. J’ai choisi de compter chaque blessure ou mort séparément, ce qui tend à faire grimper leur risque relatif au-dessus de ce qu’on pourrait attendre pour des évènements aussi rares. De plus, je soupçonne certains évènements d’être minorés, rendant leur position exacte discutable. Par exemple, je soupçonne l’ « Agression humaine » d’être extrêmement sous représentée simplement parce qu’il est facile de couvrir un trauma consécutif à un coup de pied en déclarant qu’il s’agissait d’un accident.
J’ai établi le degré de risque relatif des problèmes, blessures ou morts documentés pour les furets comme suit (risque le plus grand en tête de liste) :
1. Accidents liés à la cage (blessure griffe/capula [[i]os pénien[/i]], dents cassées, chutes) 2. Négligence humaine (famine, soif, manque de soins) 3. Occlusion intestinale (caoutchouc, éponge ou végétal) 4. Piétinement/coup de pied [non intentionnel] 5. Hyperthermie (coup de chaleur) 6. Chute (depuis des objets en hauteur, des personnes, des fenêtres) 7. Trauma causé par une porte (maison, cage, voiture) 8. Fugues 9. Agression de chien 10. Etouffement causé par une croquette 11. Empoisonnement (raticide, plante, médicament) 12. Coincement accidentel (derrière un meuble, sous des objets) 13. Lave-vaisselle/sèche-linge/machine à laver 14. Agression humaine (coups) 15. Heurt de voiture 16. Trauma causé par un transat ou un fauteuil à bascule 17. Feu domestique 18. Chute depuis une voiture en mouvement 19. Agression par un NAC (serpents, loups, grands félins) 20. Accidents de la circulation 21. Noyade (baignoire, toilettes, seaux) 22. Enfants (accidentel, pas agression) 23. Electrocution (en mâchant des fils) 24. Disparition dans les conduits de chauffage/air conditionné 25. Strangulation (tubes en carton, tiroirs entr’ouverts) 26. Euthanasie imposée (dépistage de la rage)
Comme vous pouvez le voir, la consommation d’os ne fait pas partie de la liste. Cela ne veut pas dire que qu’elle n’a jamais été mentionnée ; c’est juste que le lien de cause à effet entre la consommation d’os et la blessure réelle ou la mort n’était jamais établi avec des faits ; ces témoignages relevaient toujours du domaine des conjectures sans preuve. En science, toutes les autres explications PLAUSIBLES DOIVENT être invalidées avant d’accepter quelque raison que ce soit. Peu de vétérinaires sont contraints de se conformer à cette exigence de preuve, mais ils devraient être conscients que beaucoup de propriétaires de furets, particulièrement ceux frappés par le sort à l’affût de toute explication pour le drame qu’ils vivent, interprètent souvent l’infâme « et bien, c’était peut-être… » comme « il est mort de… », et ils le racontent ainsi.
On peut m’opposer que celle règle de preuve de causalité exclue beaucoup de témoignages sur des furets s’étant blessé en mangeant des os (c’est le cas), mais la règle a exclu également des centaines de témoignages sur d’autres types de blessure. Ce type de filtrage entraîne effectivement une sous représentation d’évènements très rares, mais s’il a eu le MOINDRE impact sur les témoignages évoquant le risque relatif de furets s’étant blessé en mangeant des os, c’est parce qu’ils étaient rares de toutes façons. Autrement dit, la règle de lien définitif de cause à effet peut empêcher quelques évènements rares d’être pris en considération, mais si tel est le cas, alors cela prouve seulement qu’ils étaient rares pour commencer. Le risque requiert un certain degré d’exposition, et certaines personnes peuvent récuser la liste parce que leurs furets ne sont jamais exposés à certains des risques. Par exemple, mes furets ne sont jamais en contact avec des lave-vaisselle, des raticides ou des chiens, donc ces risques n’existeraient pas. L’objection n’est pas pertinente. Nous ne sommes pas en train de parler de furets individuels, nous sommes en train de montrer le risque relatif de différents évènements au sein de la population de furets DANS SON ENSEMBLE, telle qu’elle est à cet instant donné. Le risque à l’intérieur d’un foyer sera toujours différent du risque pour la population.
Cependant, il y a deux problèmes suscitant de réelles inquiétudes, même s’ils ne figurent pas sur la liste. Les os peuvent-ils couper ou perforer les tissus gastro-intestinaux d’un furet ? Les os peuvent-ils casser les dents d‘un furet ?
Bob C
Date : 221/05/2003 Objet : La digestion des os
Vous êtes peut-être surpris de m’entendre admettre d’emblée que l’os peut couper des tissus ; je possède plusieurs couteaux en os qui pourraient charcuter efficacement un animal. L’os est une bio céramique et dans certaines circonstances, il peut présenter une arête assez tranchante pour passer au travers de quantités de tissus. Pourtant, on pourrait penser que si manger un os était aussi risqué que certains le laissent entendre, il y aurait plus de carnivores qui meurent à cause de tissus tranchés, d’obstruction par un os et de perforations de l’œsophage, de l’estomac ou des boyaux. Réfléchissez ; aux USA, des millions de mammifères prédateurs tuent des animaux tous les jours, avalant quantités de misérables petits morceaux de squelettes de proies. Cependant, on en retrouve peu avec des morceaux d’os pointus sortant de leurs boyaux. De quelle façon quelque peu étrange arrivent ils à survivre ? C’est parce que les mammifères prédateurs, au cours de millions d’années d’évolution, ont développé des moyens extrêmement efficaces de traiter les problèmes liés à la consommation d’os. Comment ils en sont arrivés à être conçus pour manger des os est une histoire fascinante, mais au final, tout cela tient aux propriétés de l’hydrogène.
Chez la plupart des carnivores, dont les furets, le pH de l’estomac (vide) demeure très bas, de l’ordre de 1 à 3. Bien que l’estomac du furet soit structurellement et fonctionnellement similaire à celui des gens, le pH de l’estomac (vide) de l’homme demeure à un niveau de 4 à 6, un écart important. Les faibles valeurs de pH permettent une digestion très efficace des aliments riches en protéines et en graisse à la base du régime alimentaire des carnivores. Les carnivores, dont les furets, sont si bien adaptés à la consommation de morceaux de squelettes que la présence de calcium, un constituant majeur de l’os, stimule la production de gastrine, une hormone. La gastrine, à son tour, stimule la production d’acide gastrique et d’enzymes digestives. Plus il y a de calcium, plus il y a de gastrine sécrétée (jusqu’à un certain point) et plus il y a d’enzymes digestives et d’acide produits, un merveilleux système en boucle assurant la digestion des os. Bref, la présence d’os dans l’alimentation améliore en fait la capacité de l’estomac du carnivore à digérer les os. L’implication de ce lien entre calcium et excrétion de gastrine chez les carnivores, ainsi que du pH gastrique très bas, est extrêmement importante ; cela signifie que l’estomac du furet est ADAPTE à la digestion d’os. Cela veut il dire que jamais un os ne restera coincé ou planté dans une partie de l’appareil gastro-intestinal ? Bien sûr que non ! Une telle éventualité est possible même si elle est statistiquement improbable. Souvenez-vous, même les évènements les plus improbables finissent par arriver sur une période suffisamment longue.
Certains peuvent suggérer que si la consommation d’os augmente la sécrétion d’acides et d’enzymes digestives, alors l’acide en excès peut être un problème pour les furets prédisposés aux ulcères. En réalité, c’est sans doute exactement l’inverse. Lorsque les acides entrent en contact avec l’os, le minéral de l’os se dissout, neutralisant l’acide. Tant que de l’os est présent dans l’estomac, les acides gastriques vont attaquer, arrondir et lisser l’os, ce qui neutralise l’acide. Une fois que l’estomac est vidé ou que l’os est dissout, la production d’acide cesse. En bref, il n’y a jamais eu d’ « acide en excès ».
Dans un rapport récent, une hypothèse a été avancée suggérant que, tandis que des bactéries sont la cause immédiate des ulcères gastriques, ce sont les modifications de l’écologie gastrique qui en sont la cause fondamentale. Il est suggéré que des facteurs tels que l’alimentation, des stress émotionnels et biologiques, et divers problèmes médicaux détraquent l’écologie gastrique au point que des bactéries gastriques, telles que Helicobacter mustelae, sont capable de surexploiter le système. Il est suggéré en outre que l’alimentation est un facteur majeur dans l’entretien de l’écologie gastrique, et qu’une écologie convenable ne peut pas être entretenue avec des aliments ne convenant pas à l’organisme. Cette hypothèse est confortée par plusieurs études récentes qui suggèrent que la santé gastro-intestinale chez l’homme (et les animaux domestiques) est renforcée en suivant un régime alimentaire proche de celui des peuplades primitives (et des animaux sauvages). Pour les furets, ce serait une carcasse de proie contenant des parties de squelette. En bref, il est très possible que la santé gastrique du furet soit renforcée par la consommation d’aliments contenant de l’os. Si c’est vrai, le fait qu’un furet consomme un régime à base de croquettes aurait des implications d’une grande portée. Par exemple, en laissant de côté les conséquences d’une consommation excessive d’hydrates de carbone, les croquettes, quand elles sont humides, se transforment en une pâte fine avec peu d’éléments grossiers ou de fibres. Dans l’alimentation naturelle d’un carnivore, les éléments grossiers ne sont pas de la fibre végétale, mais de l’os, des tissus connectifs, et de la fourrure, provenant tous de la carcasse de la proie. Le fin gruau produit par la croquette décomposée aurait difficilement le même effet, cause potentielle de grands changements dans l’écologie gastro-intestinale.
De plus, le fait de mâcher des os stimule la production de salive, qui baigne les dents et aide à restaurer un pH oral sain, ainsi qu’à éliminer les petites particules de nourriture qui pourraient favoriser ou exacerber la production de plaque. En outre, des études récentes montrent que mâcher du chewing-gum après les repas réduit le reflux acide chez l’homme, une découverte étayée par des études du pH oesophagien chez d’autres animaux pouvant profiter de périodes de mâchonnement prolongé. L’os est peut-être simplement une version 2 en 1 de « Dentine and Tums », [ [i]?[/i] Qui peut m’aider ?] destinée aux carnivores.
Bob C
Articles 9 à 20 de la discussion « Os et Furets » traduits en février 2006 par delwei (-passemoiletuyau@hotmail.com).
Note du traducteur : Nous avons numéroté les discussions afin qu’elles correspondent au sommaire annoncé dans la 1e partie.
9. Vendredi 23 Mai 2003 01 :18 :05 –0500 De : « Church, Robert Ray (Etudiant UMC) » Objet : Bob C. Questions et Réponses : La consommation d’os et la digestion chimique
Il existe un autre danger pour les petits carnivores, surtout ceux qui sont des carnivores primaires et exclusifs comme les furets. La graisse et le muscle se décomposent en composés acides tels que les cétones, les acides gras et les acides aminés qui peuvent diminuer le pH du sang (le rendant acide). Les réactions biochimiques ne sont efficaces qu’à un niveau de pH bas. Il est donc très important pour le corps de réagir rapidement si le sang devient anormalement acide ou alcalin. Si le changement de pH est mineur, des agents régulateurs (entre autres mécanismes) circulent dans le sang afin de maintenir un pH adapté. Si les régulateurs dans le sang sont épuisés, le corps a recours à un certain nombre de solutions, parmi lesquelles la cannibalisation des os pour créer de nouveaux régulateurs. Si un apport stable de calcium et de phosphates est disponible, alors l’os du squelette reste plus ou moins intact. Sinon, les minéraux vont lentement s’échapper du squelette. Tandis que ce type d’évacuation des minéraux osseux n’est pas très commun parmi les grands prédateurs, les petits carnivores tels que le furet ont de petites réserves de sang, ce qui les rend vulnérables à l’ostéoporose. Songez aux problèmes causés par un régime amincissant et leurs relations avec l’ostéoporose dans les cas des femmes ménopausées et appliquez ces connaissances, multipliées par plusieurs facteurs aggravants, à des furets castrés manquant d’agents régulateurs du sang. Ce n’est pas étonnant que plus de la moitié des squelettes de furets domestiques que j’ai examinés montrent une ostéoporose modérée voire sévère. Les furets ont besoin d’une source constante d’agents régulateurs naturels du sang afin de maintenir un squelette en bonne santé.
C’est une chance pour de petits carnivores que leurs proies soient équipées d’un agent régulateur naturel : l’hydroxyapatite. C’est un composant cristallin composé de divers sels minéraux, notamment de phosphate de calcium. Les mammifères en regorgent. L’hydroxyapatite est forte et stable, à tel point qu’il n’est pas rare d’en trouver des dépôts longtemps après le décès de l’animal. Nous appelons ces dépôts « les os ». L’hydroxyapatite est réactive à l’acide. Cette dernière remarque ne doit pas être exagérée. Le minéral osseux est tellement réactif à l’acide que si vous suspendez un os de poulet dans un litre de Coca, l’os aura au bout d’une semaine perdu tant de minéraux osseux qu’il sera devenu caoutchouteux et s’effritera facilement entre vos doigts. Des milliers d’étudiants en physiologie qui ont fait l’expérience de tremper un os de vache dans un bain d’acide se sont aperçus que l’os était devenu si caoutchouteux qu’on pouvait faire un nœud avec.
Ce point est extrêmement important pour les carnivores qui consomment régulièrement des os. Vous pourriez même en conclure que sans cela, peu d’animaux pourraient garder un mode de vie carnivore. Sans une telle réactivité à l’acide, les os resteraient fins et pointus, et pourraient trancher les tissus ou même percer les parois gastro-intestinales. Heureusement pour les carnivores, l’acide gastrique (ainsi que les effets mécaniques des contractions gastriques) arrondit rapidement les pointes, adoucit les bords saillants et coupants et réduit même de façon significative la masse globale du fragment osseux, ne laissant qu’un os poli et lisse qui a pu être interprété par quelques archéologues obtus comme une preuve de la fabrication d’outils par l’homme. Dans le cas du furet, des fragments d’os cortical plus larges ne restent que quelques minutes dans l’estomac, c’est-à-dire pas assez longtemps pour se dissoudre complètement. Dans l’estomac rempli d’acide, les os deviennent lisses et polis, rendant ainsi le passage possible vers le tas le plus proche. Des particules plus petites ont un plus large ratio de surface proportionnellement au volume interne, permettant à davantage d’acide d’être en contact avec l’os afin qu’il se dissolve plus rapidement. C’est également vrai pour les surfaces pointues et fines : un os pointu se dissoudra en effet plus rapidement sur les bords et les pointes qu’un os plat. Ceci permet littéralement d’ « arrondir les angles » et les pointes d’un fragment osseux, diminuant ainsi de façon significative les risques de blessures gastro-intestinales.
Il y a un indice supplémentaire sur la route de la physiologie gastronomique. Certaines personnes peuvent mettre en doute l’efficacité de l’acide gastrique à dissoudre les os et à rendre les fragments inoffensifs. TOUS les mammifères utilisent de l’acide hydrochlorique secrété par des cellules spéciales appelées les ostéoclastes afin de résorber, remodeler et d’enlever l’os. L’os est très vascularisé, et lorsqu’il se casse, il saigne, formant un caillot de sang autour des bouts brisés. Ce caillot se durcit, formant ainsi un cal qui finit par se solidifier en os. Le problème est que ce cal peut être irrégulier et présenter des bouts d’os proéminents ou même être tellement large qu’il interfère avec le mouvement des muscles. L’acide hydrochlorique arrive alors à la rescousse car les parties inutiles de l’os sont attaquées par les ostéoclastes. L’acide gastrique est, notons-le, également composé d’acide hydrochlorique. Ce même acide que le corps utilise pour remodeler, faire disparaître et réparer l’os est également secrété par l’estomac. Il faut du temps pour remodeler un cal osseux (à quelle vitesse les cellules microscopiques peuvent-elles travailler ?) mais l’estomac secrète une quantité considérable d’acide en une seule fois. Il est certain que l’acide hydrochlorique produit dans l’estomac peut et va dissoudre l’os. Les seules parties qu’il peut dissoudre sont celles qui sont exposées, ce qui comprend également les pointes et les bords tranchants. Si les pointes acérées et les bords tranchants sont dissous, alors comment l’os pourrait-il représenter un danger ?
10. Vendredi 23 mai 2003 03 :19 :32 -0500 De : "Church, Robert Ray (UMC-Student)" Objet : Bob C: Q&A: La consommation d’os : Effet de l’os sur une dent saine
Les dents cassées sont plutôt monnaie courante chez les animaux. En vérité c’est un phénomène tellement répandu que les chercheurs ont réussi à dresser des tableaux statistiques des fractures dentaires pour de nombreux prédateurs, parmi lesquels quelques espèces de mustélidés. Les canines sont les plus fréquemment cassées, suivies des prémolaires, des molaires et des incisives. Les prédateurs mammifères de tout type ont environ 25% de chances d’abîmer, casser ou fracturer au moins une dent pendant leur vie. Cependant, la fréquence de fracture dentaire est INEGALE selon les carnivores. On a longtemps cru que les prédateurs plus grands avaient des fractures dentaires plus fréquentes parce qu’ils tuaient et dévoraient des animaux plus grands, avec des os plus épais et plus durs. Cette conclusion semblait même évidente du fait que les fractures dentaires les plus fréquentes se produisaient sur les prédateurs les plus grands et les plus rares sur les plus petits. Et cela semblait même intuitivement très logique : les os lourds doivent plus souvent endommager les dents que des os plus légers. Cependant, de récents travaux ont démontré le contraire, en mettant de relation le taux de fractures dentaires avec le vieillissement. Chez les mammifères, les prédateurs plus grands ont tendance à vivre plus longtemps ; ils ont donc davantage de temps pour abîmer leurs dents. Et puisque les dommages dentaires sont cumulatifs, plus ont vit vieux, plus on a de chances de se faire mal aux dents. En bref, si un putois vivait aussi longtemps qu’un lion, leurs taux de fractures dentaires seraient équivalents, quel que soit ce qu’ils mangent. Ceci nous amène à penser que les furets plus âgés présenteront davantage de dégâts dentaires que de plus jeunes, quel que soit leur régime alimentaire (et ceci est étayé par des données excellentes).
Il existe deux grands types d’études sur les dégâts dentaires – ceux réalisés par des scientifiques intéressés par des applications vétérinaires et ceux réalisés par les autres. De nombreuses études sur les dégâts dentaires dans des populations d’animaux sauvages ou férals réalisées à des fins vétérinaires suggèrent que les blessures dentaires sont dues au régime alimentaire (la consommation d’os), tandis que celles réalisées à d’autres fins (zooarchéologie, paléontologie, zoologie) suggèrent que les dégâts dentaires sont multifactoriels. Les premières se caractérisent par des données qui quantifient les dégâts dentaires mais s’attachent peu à la recherche des causes de ces dégâts. Les suggestions que le régime alimentaire (la consommation d’os) est la principale cause des dégâts dentaires sont extrêmement simplistes (et montrent un cruel défaut d’érudition). Le simple fait qu’une dent d’un furet qui mange des os soit endommagée ne veut pas dire que c’est le fait de manger des os qui abîme les dents ; de nombreux furets qui mangent des croquettes présentent des dents endommagées. Les dents peuvent aussi bien s’abîmer lors de combats de dominance, en situation de défense, en tuant une proie qui se débat violemment, lors de chutes, en creusant, en fuyant pour échapper à quelque chose, ou lors de n’importe quel type d’accident. Dans le cas de furets domestiques, on rencontre régulièrement des cas de dents cassées lors de tentatives d’évasion des cages, de transport d’objets, de collisions ou simplement de chutes des bras du maître. Les dents peuvent aussi se briser simplement du fait du vieillissement ;les dents plus vieilles sont plus facilement cassées du fait que le sang et le système nerveux se retirent de la racine et que l’espace ainsi créé se remplit de dentine. Le danger augmente si la racine est morte d’une blessure ou d’une maladie, ou s’il y a des microfractures ou des fissures. En d’autres termes, avant de dire qu’un os est responsable de la cassure d’une dent, il faut pouvoir le prouver. Par exemple, dans un vieux papier vétérinaire, les lésions dentaires souvent trouvées sur des molaires de loutres de mer ont été justifiées par des dégâts causés par le régime alimentaire. Cependant, des enquêtes zooarchéologiques et zoologiques ont montré que les dégâts étaient causés non pas par un régime alimentaire mais par l’action abrasive du sable en suspension dans l’eau des zones du ressac sur la surface des molaires. Malheureusement, des raccourcis vers ce genre de conclusion sont trop courants dans les études sur les dégâts dentaires réalisés à des fins vétérinaires.
Il existe un facteur de risque que les études vétérinaires n’ont jamais reconnu : la consommation de croquettes. Normalement, lorsqu’un furet a un régime à base de viande et d’os, les dents carnassières découpent la nourriture comme des sécateurs. Ceci produit une facette d’usure sur les surfaces de contact des molaires, maintenant un bord tranchant qui découpe facilement l’os et la chair. Les furets qui ne consomment que des croquettes présentent un type d’usure différent qui part de la couronne de la dent jusqu’à la base, ce qui émousse et aplatit les carnassières. Ceci augmente la surface de contact avec la nourriture, augmentant ainsi la pression sur les dents pendant la mastication. J’ai vu des ENTAILLES de dents de furets nourris aux croquettes qui étaient fissurées, brisées, et usées jusqu’à la racine. Ces dents sont vouées à se fracturer, se fissurer et la couronne (ou ce qu’il en reste) sera fatalement fendue. Si l’un de ces furets venait à manger un os, il est probable que l’os fracturera la dent et pourra être tenu pour responsable. MAIS, les dégâts seront en réalité dus aux croquettes, un type d’alimentation ardemment défendu par quelques vétérinaires.
L’essentiel est que, pour des carnivores de la taille de furets, il existe de nombreux facteurs de risque qui peuvent causer des blessures dentaires, et la consommation d’os en est un parmi tant d’autres. En ce qui concerne les furets domestiques, je ne connais AUCUN cas de furet s’étant brisé une dent sur un os pour lequel il n’aie été démontré que le furet avait par le passé mordu et tiré sur les barreaux de sa cage, avait chuté sur un sol dur, ou avait déjà eu d’autres problèmes dentaires. Je soupçonne qu’à quasiment chaque cas où une dent a été endommagée par la consommation d’un os la dent avait déjà auparavant été abîmée et que si elle ne s’était pas abîmée du fait de l’impact avec l’os, elle aurait fini par être endommagée par autre chose. Le réel problème réside en l’accumulation de dégâts dentaires mineurs qui finit par créer une fracture dentaire grave. Cela ne veut pas dire qu’un furet ne peut pas se casser une dent sur un os. Tout ce que je suggère c’est qu’il y a de nombreuses raisons non officiellement reconnues pour lesquelles les furets se cassent les dents et que la consommation d’os n’en est qu’une parmi tant d’autres.
Bob C.
11. Vendredi 23 Mai 2003 03 :38 :08 –0500 De : « Church, Robert Ray (Etudiant UMC) » Objet : Bob C. Questions et Réponses : La consommation d’os : la mécanique des os.
La compréhension de quelques notions de biomécanique osseuse aide à prendre conscience des risques de fractures dentaires causés par la consommation d’os. Il existe différents types d’os, mais les deux qui nous concernent sont l’os compact (ou os cortical) et l’os spongieux (ou os trabéculaire). L’os compact est un os dur et dense qui forme de longues tiges osseuses (la diaphyse) et couvre l’extérieur de la plupart des autres os du corps. Divers types d’os trabéculaire constituent la masse d’os ronds, courts, ou de forme irrégulière qui se trouve entre des plaques d’os cortical, comme dans le crâne ou les côtes, et aux extrémités (les épiphyses) de longues tiges osseuses telles que le fémur ou l’humérus. La structure de l’os cortical est dense et varie selon l’âge de l’individu.
Les canaux de Havers et les zones de remodelage osseux. L’os cortical a beaucoup de force le long du « grain » (le long axe de l’os – dans le droit fil), ce qui est très utile pour supporter du poids, sauter, atterrir, et dans le cas du furet, rebondir dans tous les sens quand il effectue la danse de la guerre. Cependant, en travers du « grain » (à contre fil) l’os est friable et peut être aisément fracturé. Vous pouvez en faire l’expérience vous-mêmes en tenant un os par une extrémité et en le frappant avec un marteau. Les bouts s’écraseront peut-être mais à moins d’y mettre une force néandertalienne, la tige demeurera intacte. Cependant, si vous couchez l’os et que vous le frappez avec autant de force, il s’écrasera en esquilles. Ce type de force est une fonction de la physique des supports tubulaires qui peut être illustrée par un morceau de paille à boire. Coupez deux longueurs de paille d’environ 7,5 cm et prenez un morceau entre votre pouce et votre majeur. Remarquez l’effort nécessaire pour que la paille s’affaisse. Puis prenez le second segment entre votre pouce et un doigt mais cette fois appuyez le doigt sur le milieu. La paille s’affaissera quasiment immédiatement ; les tubes sont très solides le long de leur axe mais fragiles en travers. C’est pourquoi un furet peut chuter d’une table et atterrir sur ses pattes sans se blesser mais si l’on referme une porte sur une patte, l’os se brisera.
L’autre type d’os est l’os trabéculaire, également appelé os spongieux parce qu’il semble composé de centaines de cellules comme celles que l’on trouve dans une éponge. Les cellules sont faites à partir de spicules d’os ou de trabécules qui ressemblent à des pieds de la tige-support qui soutiennent les cloisons intérieures de l’os compact. Les espaces entre les trabécules sont comblés de moelle. Chez les animaux en croissance, quasiment toute cette moelle est faite de tissu hématopoïétique ; c’est la moelle osseuse rouge. Elle est responsable de la création de diverses cellules sanguines, notamment des globules rouges. Chez les individus plus âgés, la moelle osseuse jaune envahit les trabécules, surtout dans les extrémités du squelette inférieur et dans les vertèbres. Très souvent dans le cas de furets malades ou souffrant de malnutrition, la moelle jaune est vidée de sa graisse, lui donnant une couleur bleuâtre ou grisâtre.
Une étude des os de poulet selon des sources américaines est en cours. L’économie de la production de poulet encourage les producteurs de volailles d’élever les poulets aussi rapidement et en aussi grandes quantités que possible afin de les placer sur le marché le plus tôt possible. Ceci donne des poulets tendres et gras parce qu’ils sont très jeunes (ils sont généralement âgés de quelques mois seulement). Presque tous les poulets porduits aux Etats-Unis relèvent de cette catégorie. Comme les poulets sont immatures, l’os n’a pas fini de se durcir (de s’ossifier) et de large portions des extrémités osseuses (les épiphyses) ne sont encore que du cartilage. La moelle est généralement riche et rouge et remplit toute la tige (la diaphyse). Ces os sont plus mous et moins enclins à la fracture que ceux de poulets adultes, et sont remplis de nutriments salutaires. Le milieu des tiges osseuses est dur mais le reste de l’os est complètement mou.
La conclusion de cette discussion anatomique est que de définir un os comme « dur » en suggérant qu’il pourrait endommager les dents, ou comme dangereux en suggérant qu’il pourrait éclater en esquilles et percer le tractus gastro-intestinal, est extrêmement simpliste. C’est la preuve d’un manque de compréhension de l’anatomie osseuse ainsi que de la façon dont les carnivores (en l’occurrence, les furets) consomment les parties squelettiques. Les furets sont des putois domestiqués et les putois ont l’habitude de consommer des os. Leur seule façon de faire montre qu’ils ont une compréhension très précise de l’anatomie osseuse.
Bob C.
12. 12. Date: Samedi 24 Mai 2003 02:44:01 -0500Source : « Church, Robert Ray (Etudiant UMC) »
Objet : Bob C. Questions et Réponses : La consommation d’os : L’os en tant qu’aliment
La plupart des carnivores, le furet inclus, ont à cœur de manger des os, surtout les parties du crâne et du bassin, les côtes et les extrémités des os longs – précisément là où se trouve la moelle osseuse rouge. La moelle osseuse rouge est riche en minéraux, en fers facilement absorbés, en protéines, en graisses, et en vitamines liposolubles, ce qui en fait une nourriture quasiment parfaite pour les carnivores. J’ai vu d’innombrables os mâchés par des carnivores , et tous présentaient les mêmes caractéristiques, qu’ils aient été rongés par mon furet hier, par un « chien terrible » il y a 15 000 ans ou par des mammifères primitifs il y a des millions d’années. L’espèce a beau évoluer, la biomécanique de l’os et de sa consommation demeurent exactement les mêmes.
En termes de biomécanique de la consommation d’os, les os peuvent être regroupés en trois catégories de base : ceux qui sont faciles à manger, ceux qui sont difficiles à manger et ceux qui ne peuvent pas être mangés. · Les os faciles à manger sont ceux qui peuvent être réduits en morceaux ou écrasés sans effort avant d’être avalés, permettant aux acides gastriques de réaliser leur tour de magie. · Les os difficiles à manger sont ceux qu’un furet sera peut-être capable de consommer mais non sans un effort ni une patience considérables. Ces os (ou parties d’os) trop difficile à manger peuvent être cachés, ou même rongés, mais ils ne sont consommés que s’ils sont suffisamment petits pour être avalés entiers. Il n’est pas étonnant que les os qui sont faciles à manger soient composés en majeure partie d’os trabéculaire, généralement recouvert d’une fine couche d’os compact. Ce qui est encore plus important, c’est qu’à la manière des alvéoles d’un nid d’abeilles remplies de miel sucré, les espaces trabéculaires sont remplis de moelle riche en protéines, riche en matières grasses, et riche en micronutriments. Lorsqu’un carnivore mâche ce type d’os, ce dernier ne se brise pas en de petits fragments aux côtés acérés et aux bouts pointus. Il se brise en de petites masses irrégulières d’os spongieux rempli de moelle. Ces fragments osseux ne sont pas plus dangereux pour un furet que de la nourriture extrudée sèche et sont au contraire, bien meilleurs d’un point de vue nutritionnel. La plupart des os ne survivent pas au processus de digestion – du moins sous une forme reconnaissable. Les os difficiles à manger sont généralement composés de couches d’os compact et peuvent être très durs. Je détiens des fragments d’os compact qui ont jadis supporté le poids de dinosaures il y a quelques 65 millions d’années. J’ai des tronçons d’os compact de mastodonte vieux de 20 000 ans qui sont en aussi bon état que si l’animal était mort il y a seulement quelques années. L’os compact est une biocéramique, une sorte de « porcelaine d’os ». En conséquence, il se brise comme du verre et peut être brisé en fragments pointus et coupants (les couteaux d’os que j’ai mentionnés plus haut étaient faits d’os compact). L’os compact constitue la gaine des os longs et c’est surtout la raison pour laquelle certaines personnes ont peur de voir des furets consommer des os. Ce que peu de gens comprennent, c’est que ces os sont DURS à manger – peu de carnivores s’y essaient en vérité, sans compter ceux qui ont des adaptations particulières comme les hyènes ou ceux qui sont affamés, ou ceux qui vivent dans des environnements marginaux. La plupart des carnivores rongent des morceaux de diaphyse jusqu’à ce que cette tâche soit trop ardue ; alors ils abandonnent l’os pour quelque chose de meilleur.
Il y a quelques parties du squelette tellement dures que les carnivores essaient rarement de les manger. Si elles sont petites, ils peuvent essayer de les avaler entières, mais rares sont leurs tentatives de les casser ou de les ronger. Parmi ces os se trouvent les portions les plus dures des longues tiges osseuses, les dents, et des portions du crâne, surtout la portion pétreuse de l’os temporal (la fossette pétrosale, que l’on peut considérer comme la partie la plus dure du corps). Rares sont les carnivores qui essaient de manger ce type d’os, pas même les hyènes, mais peu importe car ils contiennent peu de nutriments.
Indépendamment des espèces, la plupart des carnivores arrachent les extrémités des os longs et laissent les tiges dures et potentiellement dangereuses ; l’exception se trouve chez certaines espèces de hyènes dont les dents et les mâchoires impressionnantes sont capables de dévorer à peu près n’importe quel os de n’importe quel animal. Les putois, les furets férals et les furets domestiques ne mangent que rarement la tige osseuse entière ; ils feront des exceptions s’ils sont affamés, s’ils vivent dans un environnement marginal ou s’ils sont « affamés d’os » (qu’ils ont un désir insatiable de mâcher) ou que l’os lui-même est mou (c’est le cas des poulets immatures, des os bouillis…) Cela signifie que les furets, comme la plupart des carnivores, préfèrent ronger l’os trabéculaire mou plutôt que l’os compact dur.
Mou ou dur, quel est le VERITABLE impact de la consommation d’os sur les dents ?
13. Date : Samedi 24 mai 2003 03:39:47 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C. Questions et Réponses : La consommation d’os : La dent et son impact sur la consommation d’os
Les canines ne sont pas spécialement utilisées pour manger, contrairement au mythe que l’on s’en fait. Observez votre furet manger des croquettes, et vous verrez que la nourriture est broyée par les molaires. Les putois utilisent leurs canines pour arracher la viande de l’os, pour transporter de la nourriture ou des proies, mais ils utilisent leurs molaires pour mâcher. Si vous trouvez une canine cassée chez un furet domestique, il est fort peu probable qu’elle ait été cassée lors de la consommation d’un os simplement parce que le furet n’est pas habitué à manger des croquettes OU des os. Prenons les putois : lorsqu’ils tuent une proie, leurs canines s’enfoncent de façon typique dans le crâne ou la colonne vertébrale, et elles sont rarement endommagées par de telles actions. Les canines sont faites pour transpercer les os du crâne et de la colonne vertébrale comme la pointe affûtée d’une lance est faite pour transpercer les armures. Les canines ne sont pas brisées par une pression sur un axe longitudinal. Au contraire, comme les os longs, le vrai danger vient de la pression perpendiculaire à la longueur de la dent (les chutes y font exception parce que la charge d’énergie excède les paramètres d’étude. Ce que cela veut dire, c’est que les canines sont faites pour l’impact sur des os d’une taille équivalente à ceux que l’on trouve sur les animaux que les putois mangent (de la taille d’un lapin ou plus petit), mais ne sont PAS faites pour résister à la pression latérale que cause l’acharnement d’un furet sur les barreaux d’acier d’une cage. Même si les barreaux sont recouverts de plastique, le fait de tirer sur les barreaux d’une cage cause une série de microfractures et de cassures.
14. Date: Samedi 24 Mai 2003 02:44:01 -0500Source : « Church, Robert Ray (Etudiant UMC) »
Objet : Bob C. Questions et Réponses : La consommation d’os : Effet d’un os cuit sur une dent saine
Une quantité incroyable de littérature de zooarchéologie existe à propos des conséquences de la cuisson sur les os. Il y a également une quantité incroyable d’incompréhension à propos des conséquences de la cuisson sur les os. Afin de rester simple, nous allons limiter cette discussion à deux types de cuisson : la cuisson à sec et la cuisson humide.
· La cuisson à sec, telle que la torréfaction, la cuisson au four ou la cuisson à feu nu, etc. a quatre effets majeurs sur l’os. Premièrement, elle fait disparaître l’eau attachée au minéral osseux, changeant sa structure de base et le rendant généralement plus dur. Deuxièmement, elle oxyde les composants carboniques à l’intérieur de l’os (la matrice cartilagineuse), et les fait disparaître, ou tout au moins les affaiblit de façon significative, réduisant ainsi la flexibilité de l’os. Troisièmement, la chaleur prolongée fait se rétrécir l’os, ce qui cause un concassage longitudinal et horizontal, une exfoliation des couches corticales extérieures d’os compact, et une fissuration. Enfin, si la chaleur est assez forte ou assez prolongée, l’hydroxyapatite peut fondre et se recristalliser, formant des corps composés aux propriétés physiques différentes. En général, la cuisson à sec rend l’os moins pliable et plus facile à fracturer, et lui donne des côtés et des pointes plus tranchants. Les os qui ont été soumis à la cuisson à sec deviennent assez durs, et se conservent des millénaires. Si vous en frappez un avec une pique de métal, il fera un bruit clair et cinglera comme de la céramique.
· La cuisson humide, telle que la cuisson vapeur, la cuisson sous pression, la cuisson à l’eau bouillante, nous donne un autre bol de soupe. Tout d’abord, parce que la plupart des viande et des graisses sont légèrement acides (environ pH 4,5 à 6), les os bouillis sont exposés à des agents corrosifs qui lui causent des fentes, des concassages et une exfoliation des surfaces corticales extérieures. Il faut noter que tandis que l’eau chaude pénètre l’os de force, elle dissout les minéraux et cuit les protéines qui lient les sels à l’intérieur de la matrice. Ceci cause une considérable détérioration de l’os. Les os cuits sont plus légers, plus friables et incapables de supporter les mêmes stress physiques que les os frais ou cuits à sec. S’ils sont bouillis assez longtemps, les os vont se décalcifier à tel point qu’ils pourront être écrasés sous la pression des doigts jusqu’à devenir une pâte. Quiconque a déjà fait bouillir un poulet sait comme les os bouillis sont mous. Si vous frappez un os bouilli avec un pieu métallique, il fera un bruit sourd et étouffé, et non un bruit clair et cinglant.
Cuire un os ne change PAS sa réactivité aux acides gastriques ; ils dissolvent malgré tout, quels que soient le temps de cuisson et la méthode. Cependant, le fait que les os cuits à l’eau ont déjà subi des changements tels que la dissolution rend la digestion gastrique plus rapide et plus efficace comparée aux os qui ont été cuits à sec. En termes de risques, il est plus probable qu’il y aient des problèmes sur des furets ayant consommé des os cuits à sec plutôt que des os crus, et sur des furets ayant consommé des os crus plutôt que des os cuits à l’eau. Même ainsi, le risque serait relativement faible, quel que soit le type d’os consommé.
Bob C.
15. Date : Lundi 26 mai 2003 20:46:08 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C: Questions et Réponses : La consommation d’os : Effet des aliments secs sur une dent saine.
Y a-t-il des preuves qui étayent l’idée que la nourriture sèche et extrudée est meilleure pour les dents que les os ? Il y existe de nombreuses preuves que l’usure dentaire (l’usure des dents causée par des particules dures dans le régime alimentaire qui ont un effet abrasif) est statistiquement plus significatif chez les carnivores qui consomment de la nourriture sèche et extrudée, comparé à un régime alimentaire qui inclut l’os. L’abrasion dentaire physiologique (la formation de facettes d’usure) survient sur les points de contact des os. L’usure dentaire n’est pas une fonction d’occlusion mais de régime alimentaire. Cette tendance a été observée chez les furets dès 1977 par des scientifiques en mesure de distinguer les putois sauvages et les furets de laboratoire, en se basant sur l’étude de la plaque et de l’usure dentaires. Les putois sauvages, même les plus âgés, n’ont véritablement aucune plaque dentaire et présentent une usure dentaire très faible, ce qui rend la distinction avec les furets domestiques très aisée. La différence entre les deux groupes s’est révélée être le régime alimentaire : les putois sauvages avaient un régime à base de chair fraîche et d’os tandis que les furets avaient un régime à base de nourriture sèche, similaire à celle que l’on donne à nos animaux domestiques actuellement.
Mes propres recherches confirment cette idée. Si je mélange des crânes de putois sauvages et de furets férals de Nouvelle-Zélande avec des crânes de furets domestiques américains du même âge, je peux FACILEMENT différencier en me basant sur l'usure dentaire et la présence de plaque dentaire. Plus le furet est âgé, plus c'est facile à déterminer. Les dents carnassières habituées à manger de la nourriture sèche et extrudée ont tendance à être usées du haut vers le bas (de la couronne aux racines), présentant ainsi des dents avec des sommets aplatis. Les carnassières habituées à déchirer de la chair et des os ont tendance à présenter une facette d'usure à un angle dirigé soit vers le côté buccal (la joue) soit vers le côté lingual (la langue), présentant ainsi des dents avec des arêtes affûtées. La seule différence majeure entre les deux groupes est le régime alimentaire.
L'idée qu'un régime mou est la cause de maladies dentaires est un mythe. Un des soucis de santé majeurs chez les carnivores domestiques mangeant de la nourriture dure et croustillante EST en effet la plaque dentaire et la gingivite ! Les carnivores, furets compris, qui ne consomment que des carcasses d'animaux ont très peu de plaque dentaire (2% ou moins). Il existe un certain nombre de facteurs qui rentrent en jeu dans le processus de formation de la plaque dentaire, parmi lesquels on trouve l'inclusion d'amidons (les sucres) dans le régime, la nourriture collante, un manque d'abrasivité, de pH oral, d'agents calcifiants, etc. Est-ce si difficile à croire compte tenu que les fabricants de nourriture pour animaux clament haut et fort qu'un régime à base de nourriture dure et croustillante combat la plaque dentaire? Dans ce cas pourquoi le tartre est-il ENCORE un problème grave chez les animaux qui sont nourris à la nourriture sèche et extrudée ? La raison est simple : les croquettes contiennent des quantités considérables de glucides.
En fin de compte, l'utilisation de nourriture sèche et extrudée en vue de prévenir la plaque dentaire est l'incarnation diététique d'un argument tautologique : c'est un serpent qui se mord la queue. A) La nourriture sèche et extrudée est populaire parce qu'elle est supposée combattre la plaque dentaire. B) Les furets utilisent leurs dents carnassières pour découper la nourriture dure en petits bouts suffisamment petits pour qu'ils puissent les avaler, créant ainsi un certain nombre de fragments, petits et grands. C) Les grands fragments sont directement avalés mais les plus petits qui restent dans la bouche sont ramollis par la salive, pour finalement former une matière molle, collante et blanche riche en glucides. D) Cette matière blanche se calcifie rapidement et forme de la plaque dentaire en présence de bactéries, de minéraux dissous et de salive. E) Afin de soigner cette plaque dentaire, on nourrit le furet avec de la nourriture sèche et extrudée, répétant ainsi le processus. La dureté initiale de la nourriture sèche aide à enlever un peu de matière blanche sur le dessus des dents mais elle n'enlève rien sur les côtés ni à la base. En d'autres termes, la nourriture sèche est la cause finale du problème qu'elle est réputée combattre si l'on en croit la publicité.
Les putois sauvages et les furets férals ont un taux de fractures dentaires faible et peu d'entre eux présentent de la plaque dentaire ou de la gingivite. Les furets domestiques ont un taux de fractures dentaires très élevé et nombreux sont ceux qui souffrent de plaque dentaire et de gingivite. De toutes les différences environnementales, deux se détachent : le régime alimentaire et l'enfermement en cage. Les dommages causés sur les canines des furets sont probablement dus à l'enfermement. Pour ce qui est de la plaque et de la gingivite, je pense que le problème vient clairement du régime alimentaire. Ce qui est particulièrement significatif, c'est que les furets sauvages et férals qui consomment régulièrement des os présentent vraiment mois de dégâts dentaires que les furets domestiques nourris aux croquettes.
Bob C.
16. Date : Lundi 26 mai 2003 22:14:18 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C: Questions et Réponses : La consommation d’os : Usage abusif des dents cassées (A)
Sur certains sites Internet on trouve de courtes réfutations à la tendance grandissante de nourrir les animaux domestiques avec des régimes naturels contenant des os. Dans l’une d’entre elles publiée sur -www.vetref.net, un vétérinaire (Jan Bellows) cite un article non encore publié de Cecilia Gorrel qui quantifie les blessures dentaires chez les grands fauves (l’espèce n’est pas précisée). Bellows en conclut que puisque les grands fauves ont un régime naturel contenant des os et qu’ils ont des dents cassées, alors il est dangereux de laisser des animaux de compagnie manger des os. Vous souvenez-vous de la discussion concernant la fréquence des dégâts dentaires ? Vous souvenez-vous que j’ai soutenu la thèse que les vétérinaires tendaient à utiliser des préjugés personnels pour évaluer le risque de la consommation d’os ? L’argument que présente Bellows est un exemple parfait de l’ignorance des données afin d’appuyer une opinion personnelle.
Etant donné que l’article n’est pas encore publié, nous ne disposons d’aucun moyen de savoir ce qu’il démontre exactement. Néanmoins, Je suis prêt à admettre que même si je n’ai aucune idée des chiffres donnés, il y a une réelle possibilité que les données soient correctes. En d’autres termes, je reconnais que les grands fauves ont des dents meurtries, fracturées et usées, au moins aux niveaux dont il est fait rapport dans d’autres études indépendantes. Dans la meilleure de ces études, la probabilité pour un prédateur individuel (dans la moyenne de tous types de carnivores) de casser une de ses dents au cours de sa vie est de 0,25. Vous pouvez considérer que ce chiffre signifie qu’un prédateur sur quatre se brisera au moins une dent au cours de sa vie. Ce chiffre est extrêmement important, il faudra donc le garder à l’esprit tout au long de cette discussion.
Accepter que les prédateurs se cassent les dents ne signifie aucunement que je concède l’idée que les furets ne peuvent pas consommer des os sans danger. J’ai une multitude d’objections à apporter à un tel raisonnement et j’ai hâte de lire l’article lorsque celui-ci sera enfin publié (s’il l’est jamais – le commentaire a été posté en 1996 !) simplement parce que j’ai hâte de pouvoir en faire la critique. Pourquoi cela ? Parce que je sais qu’il est impossible pour l’auteur de relier les blessures dentaires à des événements spécifiques. En d’autres termes, même si un grand fauve peut manger des aliments naturels contenant des os et peut avoir des dents abîmées il faut prouver un lien direct de cause à effet entre les deux avant d’en tirer des conclusions. La dent peut avoir été endommagée lors d’un saut pour échapper aux prédateurs, d’une chasse, d’une chute, d’un combat territorial, d’une situation de défense, de l’ingestion accidentelle de gravillons en dévorant une proie, ou une centaine d’autres facteurs encore. Ou bien, et c’est plus probable, cette dent a-t-elle été endommagée du fait d’une accumulation d’un certain nombre de facteurs, sans qu’aucun en particulier ne puisse être tenu pour responsable de ce dégât.
Je réfute également l’argument de Bellows parce qu’il ne présente aucune comparaison avec d’autres dangers dentaires. Pour le plaisir de l’argument, considérez que les dents des grands fauves sont rongées par un régime contenant des os. Comment comparer cela aux problèmes dentaires rencontrés par des chats domestiques qui ont un régime alimentaire naturel ? Ou par ceux qui ont un régime à base d’aliments secs et extrudés ? Ou encore ceux qui consomment des aliments crus ? Comment comparer cela aux putois ou aux furets domestiques ? Avez-vous remarqué qu’à chaque question sans réponse nous passons progressivement d’un modèle homologue fort à un modèle analogue faible ? Désigner un risque sans le comparer à d’autres est vain. De telles comparaisons peuvent prouver que les grands fauves possèdent des dents endommagées mais le degré et l’impact de ces dégâts peuvent être ni plus ni moins les mêmes que ceux de chats domestiques consommant des aliments secs. Il est possible qu’une comparaison précise montre que les dents cassées chez les grands fauves NE SONT PAS comparables aux putois, et encore moins aux furets. Cela veut dire qu’utiliser un tel type de recherche afin d’étayer la thèse que la consommation d’os est très dangereuse pour les dents des furets est, au mieux, une hyperbole, au pire, une pauvreté de recherche.
Le plus grand dilemme dans le fait d’utiliser les problèmes dentaires de grands fauves comme un modèle pour les furets domestiques consommant des os est la simple biomécanique. L’impact biomécanique sur les dents des grands fauves du fait d’attaquer, de tuer, d’achever, de consommer et de traîner des proies volumineuses n’est pas tout à fait comparable à celui que des actions similaires sur une petite proie causeront sur les dents d’un putois. Cela veut dire que les forces qui agissent sur les dents sont également différentes, rendant la comparaison vaine sauf si vous pouvez quantifier ces différences. Fort heureusement, il n’est nul besoin de connaître les spécificités de la biomécanique pour déterminer la probabilité de dégâts dentaires pour une population spécifique d’animaux. Tout ce dont on a besoin est un grand nombre de crânes collectés au hasard, et la patience de compter le nombre de dents endommagées. Les hyènes, spécialisées dans la consommation des os les plus durs, présentent la plus grande probabilité de s’abîmer une dent ou plus (plus de 0,40) . Les loups, également coutumiers de la consommation d’os, présentent une probabilité de 0,29 de s’abîmer une dent ou plus. Les petits félins et les mangoustes présentent une probabilité de 0,15 de s’abîmer une dent ou plus. Une étude australienne a découvert que la même probabilité pour les chats s’élevait à 0,20, mais quelques études sur des chats dans des environnements plus marginaux montrent des probabilités plus élevées. Personne n’a (à ce jour) publié de probabilités de dommages dentaires sur les putois mais elles ne devraient pas dépasser celles des petits félins et des mangoustes, avec un taux d’environ 0,15 à 0,20.
Bob C.
Date : Lundi 26 mai 2003 22:14:18 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C: Questions et Réponses : La consommation d’os : Usage abusif des dents cassées (B)
Dans mes propres recherches, j’ai découvert que la probabilité pour un furet féral en Nouvelle-Zélande de présenter une dent abîmée ou plus est de 0.08. Cela signifie que huit furets sur mille (toutes classes d’âge confondues) ont une dent cassée au moins. Etes-vous prêt pour la partie la plus intéressante ? J’ai découvert que les furets domestiques (toutes classes d’âge confondues), la plupart n’ayant jamais touché un os, ont une probabilité de 0.68 d’avoir une dent endommagée au moins. Les furets consommateurs d’os DEVRAIENT avoir une probabilité située entre 0.08 (comme les furets férals néo-zélandais) et 0.25 (comme les carnivores moyens), mais celle-ci ne devrait pas excéder 0.40 (comme les hyènes). Pourtant, la probabilité qu’un furet endommage une dent ou plus, 0.68, excède largement ces chiffres. Je suis prêt à parier que la plupart d’entre vous pouvez confirmer un tel chiffre. Prenez dix furets au hasard, d’âges divers : environ 6 ou 7 d’entre eux auront une dent en moins, ou une dent fissurée, cassée, extrêmement usée, ébréchée, trouée, morte ou abîmée d’une autre façon. Certains trouveront davantage, d’autres un peu moins mais voilà ce à quoi on peut s’attendre.
C’est une découverte EXTRÊMEMENT importante. Ce que cela montre, c’est que la probabilité que votre furet endommage one dent ou plus pendant sa vie, sans jamais rien faire de plus que ce qu’un furet domestique fait, est BIEN PLUS IMPORTANTE que s’il menait une vie sauvage en se nourrissant de cadavres d’animaux pleins d’os. De nombreux facteurs peuvent être tenus pour responsables de cette augmentation considérable du risque : les morsures, sur des congénères ou sur des barreaux de cage, la nutrition, l’âge de la stérilisation, le mâchage d’objets inappropriés, les chutes, les bagarres, un régime amylacé, des traumatismes accidentels, et le vieillissement.
Les dommages dentaires sont cumulatifs : chaque blessure s’ajoutera aux autres pour affaiblir la dent jusqu’à ce qu’elle tombe. One fois cassée, les dents ne peuvent pas être réparées. Une dent fissurée lors d’une chute restera ainsi tout au long de la vie du furet. De plus, du fait que les dommages dentaires soient cumulatifs, la cause immédiate d’une blessure irrémédiable peut ne pas être responsable de la fracture initiale. En d’autres termes, une dent qui se casse lorsque le furet mange un os peut avoir été en réalité endommagée par des années d’acharnement sur les barreaux de la cage créant des fissures qui se sont accumulées pour mener à la blessure finale. Du fait que les dommages dentaires soient cumulatifs, le taux de fractures dentaires est étroitement lié au vieillissement. Plus un furet est vieux, plus grandes sont ses chances d’avoir une dent cassée. Il faut garder à l’esprit que ce n’est pas le vieillissement qui casse les dents mais les années de dégâts accumulés. Les deux sont si étroitement liés que l’un peut être utilisé pour prédire l’autre, mais ne peut pas être tenu pour responsable de l’autre.
Le risque qu’un furet se casse une dent sur un os est certes bien réel mais reste insignifiant. De même que lorsqu’on verse un verre d’eau dans une baignoire déjà pleine, le fait d’ajouter les risques de se casser une dent en mangeant un os aux risques de se casser une dent du simple fait d’être un furet, ne fait aucune différence réelle. Plus important, il existe un réel danger à mal utiliser les études scientifiques afin de soutenir une opinion personnelle, de même que de montrer du doigt des diplômes universitaires afin de soutenir le crédit de cette opinion personnelle. Ces deux techniques sont plus ou moins sans valeur dans les journaux académiques, mais sur un forum public ils peuvent se révéler d’une influence redoutable sur les gens, sans même recourir aux règles scientifiques des preuves. Par exemple, dans la réfutation de Bellows, la référence à des données dans une étude non-encore-publiée (probablement une étude présentée lors d’une conférence – rarement revue par des pairs) est étayée par la mention de ses références universitaires (Je suis docteur en médecine vétérinaire et je dis…). Vous rappelez-vous le MEE Whammy ? Ce mythe (selon lequel les os abîment les dents des carnivores) est soutenu par la référence à un expert (références de Docteur en Médecine Vétérinaire, une étude non encore publiée…) et une certaine émotion (les os vont blesser votre animal de compagnie). AUCUN chiffre n’est donné, le matériau n’a pas été revu par un pair et une opinion est déguisée en faits.
Le problème à citer les opinions d’experts diplômés de l’université comme preuve irréfutable est que dans N’IMPORTE QUEL champ d’étude donné, pour N’IMPORTE QUEL objet d’étude, on peut trouver un « expert » pour soutenir son opinion. Pour chaque nutritionniste animalier qui affirme que « l’accès aux croquettes de très grande qualité sans restriction constitue le meilleur régime alimentaire pour votre furet » je peux en trouver un qui affirme que « l’accès aux croquettes sans restriction diminue l’espérance de vie des furets, et les croquettes causent des problèmes dentaires, de l’obésité, des problèmes gastro-intestinaux, des insulinomes, et autres maladies débilitantes. »
Les gens passent tellement de temps à s’occuper des références universitaires que l’on ignore les données scientifiques ou que l’argumentation n’a pas fait l’objet d’une critique. Les mention fréquentes des références universitaires font fi de trois éléments TRES importants : 1) il n’est nul besoin d’avoir des références dans un domaine donné pour reconnaître une escroquerie scientifique 2) il n’est nul besoin d’avoir des références pour être en mesure de lire, apprendre et comprendre un problème, et enfin 3) le fait d’avoir des références n’a JAMAIS fait de personne un expert sur N’IMPORTE QUEL sujet particulier.
Il existe un vieux proverbe : « Alors qu’il faut généralement être un scientifique dans un domaine pour générer des données de référence, on n’a PAS besoin d’être un scientifique pour être en mesure de reconnaître si ces données sont foireuses. »
Bob C.
17 Date : Mardi 27 mai 2003 20:40:45 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C: Questions et Réponses : La consommation d’os : Les bienfaits authentiques des os.
Les réponses aux questions relatives à la consommation d’os ont tendance à être plutôt négatives, allant d’un simple « Je ne vous le recommande pas » à un plus virulent « Nourrir vos furets avec des os va les tuer », et toutes les nuances entre les deux. Il est rare que les bénéfices des os soient fassent l’objet d’une discussion (il y a quelques exceptions, parmi lesquelles « Donnez un os à votre chien » ou « Elevez vos chiots avec des os » du Dr Ian Billinghurst), bien qu’un nombre croissant de vétérinaires et de scientifiques se détournent progressivement de la tradition anti-os (si l’on peut appeler une histoire de moins de 50 ans une « tradition ») et commencent de nouvelles études. Dans une critique aussi complète que celle-ci, il est fort approprié de discuter des bienfaits des os. La plupart de ces avantages ont été plus ou moins discutés durant diverses réfutations, mais leur côté favorable a été tellement négligé qu’ils méritent bien une compilation dans leur propre section.
Les bienfaits des os peuvent être classés en quatre catégories de base : psychologie, physiologie, nutrition et hygiène.
Parmi les bienfaits sur le plan de l’hygiène, on trouve le détartrage et le polissage dentaire, comme il a déjà été dit. Les fragments d’os stimulent les gencives, améliorent la circulation sanguine et grattent la langue, favorisant son nettoyage. Lorsque le furet mâche, les glandes salivaires sont stimulées, ce qui aide à enlever des particules de la bouche et à maintenir un pH oral approprié. Le nettoyage par la salive favorise également le maintien d’une écologie buccale appropriée en réduisant le risque de ce type de colonisation bactérienne responsable de la mauvaise haleine, de la gingivite, et de la parodontopathie. De surcroît, le nettoyage par la salive aide à réduire le pH de l’œsophage et de l’estomac. Parmi ces bienfaits on trouve également la réduction du risque de blocage gastro-intestinal par les trichobézoards. Au fur et à mesure de son périple dans le tractus digestif, les poils ont tendance à se loger dans la trabécule mise à nue des grands morceaux d’os épiphysaire. Si la diaphyse de l’os est suffisamment petite, un fémur de rat ou de souris par exemple, les poils se logent à l’intérieur de la diaphyse creuse et sont acheminés ainsi à l’extérieur du corps. Habituellement, le cartilage hyalin (la matière blanche et glissante sur le bout des os longs) ne survit que partiellement à la digestion gastrique. Lorsqu’il est humide et à moitié digéré, la fourrure a tendance à s’y coller dans sa route à travers le tractus gastro-intestinal. Somme toute, l’os et les particules de cartilage qui lui sont associées agissent comme un moyen de transport pour les poils, favorisant l’élimination des matières glissantes avant qu’elles ne s’accumulent et posent problème dans l’estomac ou les intestins. C’est une partie non négligeable de l’élimination naturelle des trichobézoards.
De nombreux aspects nutritionnels de la consommation d’os ont également déjà été abordés. L’os est riche en graisse et en protéine, en acides gras essentiels, en vitamines et minéraux. Le tissus hématopoïétique qui se trouve dans la moelle osseuse rouge constitue une nourriture quasiment parfaite pour les mammifères carnivores. La partie minérale de l’os, très digeste, a un rapport calcium-phosphate parfait. Les carnivores sont tellement bien adaptés à un régime qui inclut des os que ceux qui sont nourris exclusivement à la viande sont sujets au rachitisme et un tel régime pendant la croissance et le développement peut causer d’autres maladies de carences et même la mort. L’os est une nourriture saine pour les furets, et la plupart du temps il est inoffensif et sans risque pour l’animal qui en mange.
[post en 2 parties combiné ici]
Parmi les bienfaits physiologiques de l’os on trouve l’apport de régulateurs chimiques qui aident à maintenir un pH corporel constant. Puisque l’os fournit un taux parfait de sels minéraux, il participe à la prévention de l’ostéoporose, un problème potentiellement grave chez les animaux castrés ou stérilisés, notamment ceux qui souffrent de maladies qui tendent à éliminer le calcium du squelette. De récentes preuves montrent que la salive produite par de longues périodes de mastication aide à réduire la présence d’acides gastriques dans l’œsophage, ainsi que le reflux gastrique et la cicatrisation de l’œsophage. Pour les femelles putois, le fer contenu immédiatement absorbable dans la moelle osseuse rouge constitue un bienfait caché ; le fer peut être difficilement absorbé par le corps s’il ne présente pas une composition ionique parfaite. La moelle osseuse présente justement cette composition ionique parfaite, ce qui aide les femelles putois à neutraliser les problèmes des chaleurs prolongées. Le fait de manger des os n’empêche pas l’anémie de la moelle osseuse due à l’hyper-oestrogénie mais cela permet des apports non négligeables en fer et autres nutriments dans des taux idéals pour fabriquer des tissus sanguins, permettant aux femelles de retarder le problème aussi longtemps que possible. Ce bienfait n’est pas réservé aux femelles non couvertes mais pourrait également être étendu à N’IMPORTE QUEL furet anémique.
Les bienfaits psychologiques de l’os sont controversés parce qu’ils sont difficiles à prouver. Alors qu’il est admis que les animaux adoptent des comportements spécifiques afin de réduire leur tension psychologique, on ne sait pas si le fait de manger des os participe de la réduction du stress chez les furets. Cependant, un certain nombre d’études sur le comportement animalier suggèrent que les animaux domestiques qui peuvent exprimer des comportement que l’on retrouve chez leurs parents sauvages présentent des taux inférieurs de corticostéroïdes dans le sang. Les corticostéroïdes (le cortisol, la cortisone, la corticostérone) sont des hormones glucocorticoïdes élaborées par le cortex des surrénales, et il est désormais admis que leur taux élevé est un indicateur physiologique de stress. En d’autres termes, plus un furet est soumis au stress plus son taux de corticostéroïdes est élevé. Le stress peut venir de la douleur, d’une agression sans issue, d’une confinement prolongé, d’une exposition à une surpopulation, de l’ennui, de la maladie, du manque d’exercice physique, de l’incapacité à exprimer un comportement naturel et de la peur (parmi tant d’autres). Il existe des liens potentiels entre des taux élevés sur le long terme de corticostéroïdes et des problèmes de santé tels qu’un système immunitaire défaillant, la formation de tumeurs, les irrégularités dans divers systèmes hormonaux, une fréquence cardiaque et une pression sanguine élevées (et les maladies du cœur et des reins qui leur sont associées), la dépression, et toute une série de problèmes comportementaux. A ma connaissance, AUCUNE recherche n’a tissé de lien entre ces problèmes et les taux élevés de corticostéroïdes chez les furets, ni étudié les variations des taux de corticostéroïdes selon des facteurs environnementaux (mise en cage, régime alimentaire, surpopulation, etc.). Néanmoins, bien que des différences existent, les règles physiologiques de base qui gouvernent une espèce sont applicables à d’autres et il est possible que la communauté vétérinaire ait sous-estimé l’impact du stress sur les furets. Par exemple, il est POSSIBLE que le stress soit un facteur de maladie des surrénales, exacerbant peut-être les problèmes d’une stérilisation prématurée et du photopériodisme qui sont également impliqués dans le développement de ces maladies.
Les os sont consommés pour deux raisons : pour obtenir des nutriments et pour passer le temps. Les activités pour passer le temps sont par définition vouées à un plaisir personnel et constituent d’importants palliatifs au stress. Il a été prouvé que la mastication était un important palliatif au stress chez les grands fauves, les loups, les chiens et autres carnivores. L’importance de la mastication chez les chiens n’est plus un secret pour personne, à tel point que le commerce de friandises à mâcher pour les chiens représente un marché de plusieurs millions de dollars. La mastication est également très importante pour les furets et ceux qui ont ouvert leur porte-monnaie pour payer des vétérinaires pour chercher des fragments de caoutchouc ou des corps étrangers logés dans les intestins de leur animal domestique peuvent en témoigner. Les putois sont réputés pour mâcher des os et des fragments d’os partiellement consommés ont été retrouvés dans leur terrier et leurs selles. Ce type d’activité constitue une « nourriture gratuite » dans la mesure où, pour une faible dépense d’énergie (celle de mâcher), et en mâchant simplement les os qui constituent les restes de son dernier repas, un putois peut obtenir une énergie importante et des nutriments. Pour un animal qui dépense beaucoup d’énergie, ceci constitue une source de nutrition non négligeable qui peut faire la différence entre manger juste assez pour passer l’hiver et mourir. Je pense que les furets ont un désir inné de ronger des os, car la mastication d’os leur procure une satisfaction qui réduit leur stress. Puis-je le prouver ? Donnez moi juste un peu de temps.
Bob C.
18. Date : Mardi 27 Mai 2003 21:21:24 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C: Questions et Réponses : La consommation d'os : Presque au bout
Le post suivant dans la série de la consommation d’os s’intitule « Les conclusions », un résumé de la série avec quelques commentaires ajoutés. Ensuite il y aura une discussion sur des questions variées, des objections, et des points additionnels. Si vous avez des questions ou des objections, ou si vous avez simplement envie de faire un commentaire et d'ajouter un point de vue à la discussion, je vous prie de bien vouloir poster vos remarques à FML afin que TOUS puissent bénéficier de votre discours. Une fois que "les conclusions" seront postées, je donnerai aux FMLers deux ou trois jours pour poster leurs questions avant de clore cette série avec mes réponses.
J'attendrai quelques jours avant de commencer le nouveau sujet qui, comme je l'ai promis à un bénévole diligent du zoo de Kim, portera sur l'enrichissement.
Bob C.
19 Date : Mercredi 28 mai 2003 21:37:53 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C : Questions et Réponses : La consommation d’os : En fin de compte (A)
[en 3 parties afin de faciliter la référence aux parties individuelles.]
Afin de mieux comprendre la raison pour laquelle de nombreux Américains considèrent que les os sont néfastes pour leur animal domestique alors qu’ils ont toujours été parfaitement acceptables depuis des millénaires, il suffit d’étudier l’histoire de l’industrie de la nutrition animale et son association avec les vétérinaires (un parallèle existe entre l’industrie pharmaceutique et certains médecins). Cela ne veut pas dire que les vétérinaires sont de mèche avec l’industrie de la nutrition animale ; ce ne serait que le fruit d’une imagination paranoïaque. Cependant, il existe des influences que certains, parmi lesquels des vétérinaires, reconnaissent volontiers, notamment dans l’acceptation de revendications de couverture émises par les nutritionnistes industriels (nous ne parlons PAS ici des revendications impartiales de scientifiques indépendants. Si vous pensez que les nutritionnistes de l’industrie ne formulent pas leurs affirmations en faveur de leur produit en « oubliant » quelque peu de mentionner les aspects négatifs, alors honte à vous !). Cette influence peut être insidieuse et non identifiable. Par exemple, les fonds disponibles pour la recherche sont ceux offerts par l’industrie de la nutrition animale à des scientifiques répondant aux questions que l’industrie se pose. En conséquence, il y a un nombre incalculable de recherches menées sur les aliments marginaux (économiques), surtout afin de les modifier pour les rendre plus appétents, plus riches en nutriments, afin de mieux les formuler, de les extruder plus efficacement… ce genre de choses. Cependant, le nombre d’études consacrées à l’effet des croquettes sur les dents, aux conséquences néfastes des croquettes sur l’espérance de vie, à l’influence des croquettes sur les maladies dentaires, à l’association des croquettes avec les insulinomes du furet, ou même quelque chose d’aussi inoffensif que le risque des furets à manger des os, est extrêmement limité. Si les nutritionnistes animaliers avaient VRAIMENT envie de montrer q’ils se soucient d’apporter aux furets la meilleure nourriture possible, ils examineraient des sujets tels que l’impact d’aliments secs et extrudés sur les dents, la santé buccale, le tractus gastro-intestinal, le pancréas, et la santé à long terme. Dans la même mouvance, si un vétérinaire avait VRAIMENT envie de savoir si la consommation d’os est néfaste pour les furets alors il quantifierait les donnée en observant le nombre d’animaux qui ont eu des problèmes, combien ont été examinés en cabinet et en comparant ces chiffres à la population locale d’animaux domestiques, combien de problèmes ont causé des dégâts mineurs, modérés ou majeurs, combien se sont soldés par la mort, quelles espèces, quelles lignées, quel sexe, quel âge, quels défauts physiques, etc. à quels endroits ces problèmes se sont produits, quels ont été les issues et les coûts, et ENSUITE seulement, comparer les données aux bienfaits sur la santé de la consommation d’os. Si tout ce qu’ils disent se résume à « J’ai vu le problème : les os font du mal aux furets », alors ils ne font que répéter une opinion douteuse et non donner des faits scientifiques. Les faits sont contestables, les résultats peuvent être dupliqués, et N’IMPORTE QUI se munissant d’une calculatrice bon marché peut résoudre un test T pour vérifier si les résultats sont statistiquement significatifs.
De surcroît, un phénomène (plutôt de concentration que de distillation) dont les médecins font l’expérience vient s’ajouter à tout cela. Les professionnels de santé ne voient que des gens malades et demandant de l’aide, ce qui fait que des événements rares revêtent l’apparence de la banalité. Vous pouvez observer un phénomène similaire sur le FML (Ferret Mailing List) où les gens dont les furets ont des problèmes de santé font des prières très visibles, donnant au risque réel d’un problème des proportions bien plus graves que ce qu’il en est en réalité. En conséquence, la PERCEPTION du risque voile le risque réel, le risque AUTHENTIQUE. Par exemple, un vétérinaire qui verra un jour un furet présentant des problèmes du fait de sa consommation d’os, transmettra l’illusion qu’il s’agit d’un problème récurrent alors qu’il s’agira peut-être d’une exception au vu de la population TOTALE des animaux domestiques nourris avec des os au sein de la communauté (ou même du cabinet vétérinaire). Le vétérinaire voit une distillation des problèmes des furets, ce qui, selon l’espèce et le jugement de valeur du client, pourra être étendu à d’autres animaux domestiques plus précieux ; ce sera le cas des maîtres étroitement ayant noué des liens affectifs forts avec leurs animaux, ou ceux qui souffrent de problèmes aussi insignifiants que le fait de se couper les gencives sur une chips, ou ayant une quinte de toux lorsque la bière « descend par le mauvais tuyau ». Est-ce ce manque de fondation scientifique solide qui rend les anecdotes aussi équivoques et dangereuses – elles ignorent le risque absolu et exagèrent grandement la perception du risque.
Dans un dernier temps, regardons comment le problème est traité. Les carnivores stricts et primaires comme les furets sont faits pour manger des carcasses animales. Les furets ont évolué ainsi, leur physiologie unique est parfaitement adaptée à cette tâche et ils ont PLAISIR à l’effectuer. Les croquettes sont un produit manufacturé fabriqué dans un but mercantile par les industriels de la nutrition animale qui font croire aux gens que de verser du biscuit sec, dur, insipide, riche en sucres et sans fibres (botaniques tout du moins) dans un bol satisfait les vrais besoins biomécaniques, sensoriels, physiologiques, nutritionnels et psychologiques de l’animal. Comment fait-on pour faire abandonner aux gens un régime traditionnel qui a fonctionné pendant des millénaires et leur faire acheter un nouveau produit ? Il suffit de s’appuyer sur les NUTRITIONNISTES ANIMALIERS qui formulent un nouveau régime, plus sain. Après tout, c’est bien eux dont le nom est agrémenté des diplômes. (Et comment donc les furets ont-ils pu survivre des millions d’années sur un régime carnivore sans les recommandations d’un nutritionniste animalier à l’état sauvage comme les putois, ou à l’état domestique, ou encore comment toute l’Amérique (Nord et Sud) a-t-elle pu survivre sans qu’un nutritionniste animalier ne vienne approuver les modes de nourriture ? Est-ce à suggérer que les furets ne survivaient que « marginalement » ? Quelle arrogance vaniteuse et prétentieuse ! Si tel est le cas, alors il ne suffit pas de l’affirmer, il faut le PROUVER, ou bien se lever et tirer la chasse !) QUICONQUE est capable de servir de la nourriture à ses enfants et de ne pas les laisser souffrir de malnutrition, est capable de nourrir un furet sans danger.
Bob C.
Date : Mercredi 28 mai 2003 21:37:53 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C : Questions et Réponses : La consommation d’os : En fin de compte (B)
Ou bien, nous pourrions supposer que l’alimentation naturelle répand des maladies comme la salmonellose, le botulisme ou la tuberculose. De telles affirmations, surtout celle de la tuberculose, manquent cruellement de fondements. Affirmer que la tuberculose a été endiguée par le passage à l’alimentation industrielle revient à non seulement ignorer les progrès de la médecine, de la pharmacie et des expériences de santé publique (ainsi que le sacrifice d’animaux infectés) mais surtout à ignorer que l’industrie de la nutrition animale a joué un rôle non négligeable dans la propagation de la maladie de la vache folle en Grande-Bretagne ! QUICONQUE est capable de nourrir ses enfants et faire en sorte qu’ils soient en bonne santé peut nourrir convenablement un furet. Et qu’en est-il du désir de « mâcher » du carnivore ? Il suffit de répandre l’idée que les os sont dangereux, de suggérer que les gens brossent les dents de leurs animaux, leur donnent des traitements anti-trichobézoards, des compléments de vitamines et d’acides gras, et leur achètent des jouets à mâcher « sans danger ». Et à qui profite tout ceci EXACTEMENT ? s’il n’y a pas de données soutenant l’idée que les os sont mauvais pour les furets (ou que les substitutifs aux os sont sans danger), alors ces affirmations ne sont que de jolis ornements destinés soit à augmenter le profit, soit à défendre un argument indéfendable. QUICONQUE permet à ses enfants de faire du sport, de conduire des voitures et de s’impliquer dans des activités à risque tout en les préservant du danger, est capable de nourrir un furet en toute sécurité. Il n’y a pas davantage besoin d’un diplôme pour s’occuper de sa famille que pour s’occuper d’un animal de compagnie.
Je trouve toujours très amusant de lire (ou d’entendre) un slogan publicitaire clamer que tel produit alimentaire pour animaux est « l’aliment parfait pour votre animal » pour trouver quelques semaines plus tard un « nouveau produit amélioré, parfait pour votre animal ». J’ignorais qu’un aliment parfait pouvait être amélioré. Cette petite plaisanterie n’est pas anodine : toute une mythologie a évolué du fait de l’industrie de la nutrition animale dans le but de convaincre les gens que leurs produits sont meilleurs que les régimes traditionnels suivis depuis des siècles. Une façon de procéder est de dresser le portrait des nutritionnistes animaliers comme les seules personnes intelligentes capables de formuler les besoins nutritionnels d’un animal. Cela implique que les gens comme vous et moi ne sommes pas assez malins pour suivre une recette ou comprendre et appliquer un certain régime alimentaire. Ceci n’est qu’UN seul des nombreux mythes modernes sur la nutrition animale, parmi lesquels on trouve l’idée que CHAQUE repas doit absolument être équilibré, que les croquettes sont une alimentation meilleure qu’un régime alimentaire naturel, que les aliments crus sont dangereux pour la santé, que les aliments mous causent des problèmes dentaires, que les aliments naturels représentent un danger pour le système gastro-intestinal « modifié » des animaux domestiques, et que les os sont dangereux à manger pour les carnivores. Chacun de ces mythes trouve son origine dans les efforts que fait l’industrie de la nutrition animale pour convaincre les gens d’acheter leur produit. PAS UN SEUL n’a jamais été soutenu par une recherche scientifique revue par un pair ou dupliquée.
Ce que je veux montrer par cette remise en cause de l’industrie de la nutrition animale ces n’est pas que je n’aime pas ce qu’ils font ; je comprends parfaitement les problèmes que peut causer la création d’une alimentation saine que les gens vont acheter. Mon objectif est de montrer que l’on survalorise les références universitaires au dépens de la recherche. Ignorez donc les mythologies du nutritionniste animalier sanctifié et demandez des preuves. Les nutritionnistes animaliers, qu’ils aient un baccalauréat littéraire ou scientifique, une maîtrise ou un doctorat, font un tas d’erreurs qui polluent les voies de la nutrition avec des animaux qui souffrent et des cadavres insalubres. Pour chaque rapport publié sur la façon dont un particulier a blessé ou tué son furet en utilisant des os ou en lui donnant une alimentation « maison », je peux vous en montrer autant qui prouvent que les industriels ou les nutritionnistes ont causé les mêmes torts (voire davantage) avec une alimentation indutrielle. S’ils prétendent que les croquettes sont meilleures, demandez des preuves. S’ils disent que l’alimentation naturelle cause des maladies alors que les croquettes non, demandez des preuves. S’ils affirment que les gens sont incapables de suivre une recette ou un régime alimentaire, demandez des preuves. Et s’ils déclarent que les os sont mauvais pour votre furet, DEMANDEZ DES PREUVES !!
Bob C.
20. Date : Dimanche 1er Juin 2003 22:38:37 -0500 Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C: Questions et Réponses : La consommation d’os : Questions (B)
Q : « Je ne qualifierai pas [mon furet] d’"affamé, vivant dans un environnement marginal, affamé d’os", alors je me pose une question : s’il mange [les os entiers] parce que la proie est petite et que les os sont moins difficiles à broyer alors ce serait dans le cas d’une proie plus grande. »
R : Il semble que les os sont contenus dans les carcasses des petites proies. Les furets ont la capacité de consommer quasiment tous les os d’un animal de la taille d’un lapin ou plus petit, surtout si les os se trouvent à l’intérieur du tissu musculaire. Comme le furet utilise ses dents carnassières pour découper, disons un membre, ses dents sont protégées de l’os par une couche de tissu. Par exemple, si vous faites bouillir du poulet, le muscle va se détacher de lui-même de l’os pendant la cuisson ou juste après.
Ce que je veux dire, c’est que si l’os est DIFFICILE à mâcher, alors les furets ne vont pas prendre le risque de se blesser sciemment dans leur effort pour le consommer. Chez les animaux sauvages, surtout ceux qui vivent dans un environnement marginal, ou qui sont affamés, on trouve beaucoup de tentatives – mieux vaut endommager une dent que mourir de faim. Cependant, les furets correctement nourris ne font pas de telles tentatives, et si l’os est dur, ou qu’il y en a suffisamment pour qu’ils satisfassent leur désir de mâcher, alors les os sont rapidement abandonnés pour quelque chose de plus facile à manger.
Q : « Puis-je donner des ailes de poulet crues à mon furet ? »
R : Oui. Certains sont paranoïaques des bactéries, donc vous pouvez soit faire légèrement bouillir le poulet pendant 5 minutes (jeter le poulet dans l’eau déjà bouillante), ou tremper le poulet dans 3% de péroxyde ou d’eau de Javel diluée à 1:49 pendant 2 minutes. Si vous choisissez la deuxième option, faites en sorte de rincer le poulet à l’eau courante pendant 5 minutes pour assurer l’élimination des produits chimiques réactifs. Si la solution d’eau de Javel vous inquiète, vous pouvez la neutraliser efficacement et en toute sécurité avec une tasse de vinaigre avant de rincer à l’eau du robinet. Il faut juste s’assurer de bien rincer à l’eau courante.
Q : « Les cous de poulet sont-ils bons pour nourrir mon furet ? »
R : Oui. Les os qui se trouvent dans les cous de poulet sont pour la plupart de type trabécularie, ce qui veut dire qu’ils ne forment pas des types d’esquilles qui nous tracassent. La plupart des vétérinaires qui se méfient des os ont peu d’objections quant aux cous de poulet. Les vertèbres sont pleines de graisse osseuse, ce qui signifie qu’elles sont TRES riches en traces de nutriments, ce qui en fait un mets de choix.
Q : « Puis-je donner une souris entière à mes furets ? »
R : Bien entendu. Je n’aime pas tuer des souris moi-même, je les achète donc auprès d’un centre d’alimentation pour les reptiles où elles sont euthanasiées décemment, puis congelées. J’achète des souris adultes, plus chères qui sont au menu d’un régime de grande qualité. Mes furets mangent environ six souris par semaine. Ils en raffolent et mangent les poils, la peau, les griffes, mais peut-être pas toute la queue. Je suis convaincu que la fourrure, le tissu conjonctif non digéré, et les morceaux de squelette non digérés, nettoient le tractus gastri-intestinal. Dans tous les cas, mes furets n’ont aucun problème de trachibézoards, et les problèmes gastro-intestinaux sont très mineurs.
Bob C.
Date : Lundi, 2 Juin 2003 20:02:03 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C : Questions et Réponses : La consommation d’os : Questions (C)
Q : Au cours du récent séminaire sur la nutrition vétérinaire, les intervenants vétérinaires de standardprocess.com ont déclaré « laissez les chiens manger des os ! » Ils voulaient montrer que dans le monde actuel les poulets sont préparés et mis sur le marché à 12 semaines et selon eux, l’os n’est donc pas assez dur pour causer quelque problème que ce soit !
R : Je n’ai encore réalisé aucune étude sur la densité des os de poulets immatures, bien que cela fasse partie de mes futurs projets. (Je mesure actuellement la densité des squelettes de furets afin de déterminer si les rayons X peuvent être utilisés pour diagnostiquer une maladie des surrénales. J’ai également commencé une étude de radiographies de mes furets pendant leur examen annuel pour observer si les rayons X peuvent être utiles pour diagnostiquer diverses maladies). Je PEUX affirmer que la densité des os de poulet est significativement inférieure à celle des poulets adultes si on se base sur le poids, la porosité, la coupe et l’apparence visuelle. Comment savoir si un poulet est immature ? Ce n’est pas écrit sur l’emballage mais il est facile de le déterminer. Il suffit de casser l’os supérieur de la jambe (le fémur). S’il est creux, c’est un poulet adulte. S’il est rempli de moelle osseuse rouge (ou marron foncée), c’est un poulet jeune. Durant toutes les années où j’ai nourri mes furets avec des poulets, je pense que je n’ai JAMAIS vu de fémur adulte – tous étaient des fémurs de poulets jeunes.
Par expérience, je sais que les vétérinaires plus jeunes ne sont pas aussi paranoïaques à propos des os que les plus âgés, et c’est probablement dû en partie aux changements dans les attitudes et la prise de conscience progressive que le risque réel (et absolu) est en vérité assez faible et comparable voire inférieur aux taux de blessures causées par des jouets pour animaux du commerce. Par exemple, j’ai des données d’un an relevées par un seul cabinet vétérinaire dans lequel le nombre de consultations pour problèmes causés par la consommation d’os se sont élevés à 18, (17 chiens, 1 chat, 0 furets) dont 12 ont nécessité une chirurgie (12 chiens). Le vétérinaire pensait que ce nombre était élevé. Cependant, pour la même période, le nombre de consultations pour problèmes causés par l’ingestion ou la mastication de jouets, d’objets domestiques ou d’autres corps étrangers parmi lesquels les cailloux, les objets métalliques, les pièces de monnaie, une partie d’un appareil de massage intime des femmes et même un cadenas à combinaison s’est élevé à 43 (34 chiens, 6 chats, 3 furets), dont 32 ont nécessité une chirurgie (26 chiens, 3 chats, 3 furets). Un labrador a été examiné 5 fois et a été opéré deux fois pendant cette même année, chaque fois pour des blocages dus à l’ingestion de cailloux. Je ne veux pas montrer que le fait de manger des os ne présente aucun danger pour les furets, mais plutôt que le degré de risque est mineur comparé à de nombreux autres problèmes. Les trois furet opérés avaient ingéré des bouts de caoutchouc qui bloquaient leur tractus gastro-intestinal.
Q : J’ai été choqué de lire que vous recommandez l’usage de l’eau de Javel pour désinfecter les poulets… vous avez perdu la tête ? N’est-ce pas nocif pour les furets ?
R : Je perds la tête quand je vois des femmes avec du rouge à lèvres, mais pas là-dessus. Le clorox contient entre 5 et 7% d’hypochlorite de sodium (NaOCI) et s’il est dilué à 1:49, la concentration finale est certes bien au-dessus de la concentration potable (5ppm), mais permet de s’assurer que les bactéries qui contaminent les surfaces EXTERNES du poulet sont éliminées. Si vous rincez ensuite le poulet pendant 5 minutes à l’eau chaude, la concentration d’eau de Javel qui reste est bien inférieure à ce que l’on peut trouver dans l’eau potable. De plus, l’hypochlorite de sodium a tendance à se décomposer dans l’eau chaude, ce qui diminue considérablement le risque d’empoisonnement à l’eau de Javel.
On m’a aussi demandé s’il était bien raisonnable d’ajouter de l’acide à l’eau de Javel, ce qui produit généralement des émanations de chlore. Le vinaigre est composé d’environ 5% d’acide acétique (CH3COOH, parfois aussi écrit HC2H3O2), ce qui, en concentration bien supérieure que la solution diluée d’eau de Javel, permet de s’assurer que toute la Javel est bien neutralisée. Quand on ajoute le vinaigre à la solution de Javel, on obtient la réaction suivante :
NaOCl + CH3COOH <-------> HOCl + [CH[sub][/sub] + [Na+]
La réaction typique entre la Javel et le vinaigre produit de l’acide hypochloreux, un ion d’acétate négatif, et un ion de Sodium positif (s’ils sèchent les deux ions forment de l’acétate de sodium). TOUS ces produits sont solubles dans l’eau, ils sont donc facilement éliminés à l’eau chaude, et le danger de former assez d’émanations de chlore pour causer une irritation est négligeable. Vous respirerez davantage de chlore en allant nager à la piscine municipale. La solution finale de Javel est tellement diluée que même si elle relâchait tout son chlore sous forme de gaz, celui-ci se dissiperait rapidement dans une cuisine standard, à plus forte raison si le ventilateur du four ou du plafond est en marche. La Javel est votre amie. A des degrés de dilution divers, elle peut tout désinfecter, élimine bactéries et virus, et donne à vos sanitaires une brillance étincelante.
Q : Je suppose que « frais » signifie « cru », mais que signifie exactement « la cuisson humide » ?
R : Frais, vert, ou cru font tous référence à ce qui n’est pas cuit. La cuisson humide signifie que l’os est bouilli ou cuit à la vapeur. J’ai tendance à ajouter également la cuisson sous pression à ce groupe mais je n’ai pas eu suffisamment d’os cuits sous pression pour déterminer le degré d’altération de l’os (si quelqu’un a quelques os de poulet cuits sous pression dont ils sont prêts à me faire don, qu’ils m’envoient un mail privé). La grande différence entre la cuisson humide et la cuisson à sec est que la cuisson humide fait pénétrer de l’humidité à l’intérieur de l’os, tandis que la cuisson à sec enlève l’humidité de l’os. La cuisson à sec rend l’os plus dur, plus friable, comme de la céramique. La cuisson humide rend l’os plus mou, moins friable, comme de la craie.
Bob C.
Date : Mardi 3 Juin 2003 20:02:03 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C : Questions et Réponses : La consommation d’os : Questions (D)
Q : Si on a nourri un furet avec des granulés pendant un certain temps, disons suffisamment longtemps pour causer des dommages mineurs ou plus graves, ou si les dents des furets ont été abîmées etc., est-il dangereux de commencer à leur donner des os ? Seront-ils capables de mâcher/découper la viande et pourront-ils le faire SANS DANGER maintenant que leurs dents sont abîmées ? Et si le furet a une dent mobile ou faible etc. doit-elle être extraite avant de donner des os ou de la nourriture qui en contient ?
R : C’est peut-être la question la plus pertinente qu’il m’ait jamais été posée ; c’est tout à fait réfléchi et en lien direct avec notre sujet. Bravo à celui qui l’a posée !
Indépendamment du fait que les carnassières s’érodent, elles glisseront TOUJOURS l’une sur l’autre comme des ciseaux. Même si cela rend le découpage de tissus fibreux ou d’os difficile, et que le furet doit mâcher pendant un certain temps avant d’arriver à découper ce qu’il mange, je ne suis pas certain que les dents sont pas nécessairement davantage mises en danger au contact des os qu’au contact de croquettes.
Voici une façon de traiter le problème : Supposons que la dent est tellement endommagée (très usée) du fait de la consommation de croquettes qu’il y a un risque grave de fracture ou de perte de la dent si le furet consomme un os. A cause de ce risque, vous décidez de NE PAS lui donner d’os à manger, et continuez de lui donner des croquettes. La dent risque-t-elle MOINS de se fracturer ou de tomber ? Pas du tout ! Si la dent est endommagée au point que manger un os représente un danger, alors manger des croquettes représente un danger EGALEMENT. Dans un cas comme dans l’autre, une dent endommagée est un problème qui nécessite un suivi vétérinaire. Un vétérinaire devrait être en mesure de déterminer si une dent doit être arrachée. Si c’est le cas, il faudra l’enlever quel que soit le régime alimentaire.
La biomécanique de l’action des dents carnassières est légèrement différente lorsqu’il s’agit de découper de l’os et des tissus et lorsqu’il s’agit de croquer des croquettes. Quand les muscles de la mâchoire se contractent, faisant se frotter les carnassières l’une sur l’autre, toute la force est concentrée sur les deux côtés opposés des dents. Du fait que les côtés opposés représentent une surface minuscule, la force sur ces points est spectaculaire. Quand les dents tranchent l’os et les tissus, elles frottent l’une sur l’autre, mais au lieu de s’user mutuellement rapidement, ce qui arrive quand du métal frotte sur contre du métal, elles ne s’abîment pas car elles sont lubrifiées par la graisse alimentaire et la salive. Au lieu de se ternir mutuellement, elles sont polies par l’action du frottement, ce qui permet de garder les côtés des dents affûtés et lisses.
Pour les croquettes, c’est différent. Les croquettes sont dures, contrairement au tissus musculaire pliable, elles usent donc non seulement les surfaces coupantes des dents, mais également la couronne dentaire toute entière, plaçant toute la force de la mâchoire sur une surface de la dent beaucoup plus large. De plus, les croquettes NE SONT PAS humides, et ne contiennent aucun tissus graisseux, elles ne sont donc pas auto-lubrifiées comme les proies, donc les dents, au lieu de se polir mutuellement, s’éliment l’une l’autre. Cela revient à polir une lame de couteau sur une meule sèche. La salive est d’un faible secours initial parce que les croquettes sont tellement dures qu’elle n’a pas le temps de ramollir la nourriture. Les os sont durs également, mais AUCUNEMENT comparable à la consommation de croquettes sur le plan mécanique. Par ailleurs, les os NE SONT PAS aussi durs que l’émail des dents, et l’os trabéculaire spongieux a l’action d’un agent polissant pour aider à lisser les défauts de la dent.
Il ne fait AUCUN doute que les croquettes endommagent excessivement les dents des furets par rapport à ce que l’on pourrait attendre d’un régime alimentaire « naturel » de putois. Cela nous amène à nous interroger : si l’argument de vente des croquettes repose sur une nutrition saine (sans parler de la question de l’excès de glucides), alors POURQUOI les nutritionnistes professionnels ne montrent-ils pas d’intérêt pour la santé buccale, abordant ainsi le problème avec leur produit ? Si un « nutritionniste professionnel » a envie de m’inspirer du respect, il doit se soucier de la santé du furet d’un point de vue holistique et PAS SEULEMENT d’un point de vue de besoins nutritionnels.
Bob C.
Date : Jeudi 5 Juin 2003 21:40:25 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C : Questions et Réponses : La consommation d’os : Questions (E)
Q : Y a-t-il des maladies qui peuvent empêcher les furets de manger des os ?
R : Voilà encore une question pertinente ! Merci de porter tant d’attention à cette série. Toute maladie qui causerait des problèmes alimentaires à un furet indépendamment du régime alimentaire est une maladie qui peut poser des problèmes pour la consommation d’os. La raison pour laquelle il est sans danger pour les furets de manger des os est que les acides gastriques dissolvent les bouts pointus et les côtés tranchants. Toute maladie qui réduit le pH de l’estomac peut potentiellement poser problème.
C’est une question importante mais similaire à celle sur les furets avec les dents abîmées. On devrait TOUJOURS amener un furet chez le vétérinaire dès qu’il montre des signes de maladie. Un furet devrait même aller chez le vétérinaire au moins une fois par an pour un check-up annuel et les rappels vaccination, quel que soit son état de santé. Même si vous pensez que votre furet est en bonne santé (et il est fort probable qu’il le soit en effet), beaucoup de maladies oeuvrent sur le long terme, rendant leur repérage difficile par les propriétaires avant que l’état de santé ne se dégrade gravement. Le bilan de santé annuel donne à votre vétérinaire l’occasion de CONNAÎTRE votre furet et de déceler les changements subtils dans le temps. Le coûts d’un bilan annuel peut sembler excessif mais je peux vous assurer d’expérience que déceler une maladie dans ses balbutiements peut être bien moins onéreux que d’essayer de sauver la vie d’un furet une fois qu’il est gravement atteint. Cela vaut le coup de payer.
D’un point de vue vraiment simpliste, on peut considérer qu’il existe deux types de furets : ceux qui sont en suffisamment bonne santé pour changer facilement de régime alimentaire (manger des os, changer de régime, restriction calorique…) et ceux qui sont tellement malades que N’IMPORTE QUEL changement peut causer des problèmes. La personne qui m’a posé cette question n’est pas étroit d’esprit (j’ai lu le mail dans son intégralité et il est assez pointu), mais certaines personnes sont convaincues que LA MOINDRE suggestion de changement de régime alimentaire chez des furets en bonne santé est systématiquement interprétée comme si je conseillais le changement chez les furets malades. Cela pourrait être une possibilité mais ne devrait jamais être fait sans le contrôle d’un vétérinaire. Le fait est que si votre furet est en bonne santé il faut y aller progressivement, et il y aura peu ou prou de problèmes. Si votre furet est malade, vous POURRIEZ procéder à des changements, mais seulement avec un suivi vétérinaire.
Q : Je suis quand même inquiète à propos des bactéries dans la nourriture crue…
R : Manger des os aide à polir les dents, à faire travailler les gencives et le tissu de soutien, et à laver la cavité buccale avec la salive, permettant un équilibre buccal sain. Cela veut dire que mâcher des os permet de maintenir un niveau correct et une diversité de bactéries buccales. Une hypothèse très intéressante (soutenue par des preuves de plus en plus nombreuses) suggère que les bactéries buccales ont évolué simultanément avec les mammifères pour leur bénéfice mutuel. Comparable à l’équilibre bactérien de l’intestin, les bactéries d’une bouche saine ont diverses fonctions, dont celle de PREVENIR la colonisation de (« mauvaises ») bactéries dangereuses. Cette hypothèses est issue directement de la théorie des espèces envahissantes selon laquelle le taux de succès d’une espèce envahissante est extrêmement élevé dans des situations de terrain vierge et très faible lorsqu’elles tentent de pénétrer des régions déjà habitées par des espèces adaptées environnementalement aux conditions locales. La même hypothèse prédit que les furets seraient probablement tous férals en Nouvelle-Zélande (et c’est le cas grâce à leurs amis humains) MAIS ne le seraient PAS aux Etats-Unis (et en effet, en l’espace de 300 ans, ça ne s’est pas produit). Un problème similaire a été largement étudié dans le cas des femmes qui se douchent à l’excès. Des douzaines d’études sérieuses montrent que la sur-douche est liée aux infections bactériennes, précisément parce que cela rompt l’équilibre bactérien du vagin et que les bactéries dangereuses ont donc tout loisir d’y proliférer. L’équilibre intestinal est un autre cas allant dans ce sens ; les preuves qui soutiennent que les bactéries saines dans l’intestin sont très importantes et que les infections et autres problèmes se multiplient dans le cas où cet équilibre est rompu, sont écrasantes.
Certains ont un peu de mal à comprendre qu’un corps (d’être humain ou de furet) est n’est qu’un environnement propice à l’invasion de parasites, de bactéries et de virus parmi d’autres. Le corps a une écologie propre, qui diffère selon l’état de santé de l’individu. L’équilibre buccal n’est pas un simple accident du destin ; il évolué sur des millions et des millions d’années et son existence permet au final de rendre l’invasion de bactéries dangereuses plus difficile. Si les os (la nourriture crue en général) permet d’entretenir la santé buccale, alors elle aide effectivement à combattre le danger même responsable du souci. Par exemple, le simple effet lavant de la salive peut être d’un grand bienfait ; de nombreux contaminant bactériens qui resteront dans la bouche d’un furet nourri de croquettes auront tendance à être entraînés par le flot de salive d’un rongeur d’os dans l’estomac où ils seront neutralisés par les acides gastriques. On voit donc que les croquettes NE FAVORISENT PAS la santé buccale. Elles fournissent un substrat alimentaire pour des bactéries, créent un environnement favorable pour l’installation, la dissimulation et le développement de bactéries, modifie le pH buccal, augmente et diminue le flot de salive et modifie des dizaines d’autres facteurs qui ont un impact sur l’équilibre bactérien buccal d’un animal qui a évolué en suivant un régime spécifique à base de proies animales. Si vous voulez des preuves de l’impact négatif des croquettes sur les dents des furets, il suffit de considérer les problèmes modernes d’usure dentaire, de plaque, de gingivite et de parodontopathie directement liés aux régimes croquettes.
Bob C.
Une fois de plus, je me permets de rappeler à tous que si vous souhaitez poster une information dont Bob nous a fait part, demandez-le lui d’abord. Son adresse mail précède chacun de ses posts et j’y ai veillé personnellement. Tous les posts sont présentés dans leur intégralité et doivent le rester.
Merci à tous !
Nancy
Date : Dimanche 8 2003 07:06:59 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C : Questions et Réponses : La consommation d’os : Questions (F)
Q : Est-ce que les furets qui mangent des os ont une mâchoire plus puissante que ceux qui mangent des croquettes ?
R : En voilà une autre question intéressante ! J’aimerais pouvoir y répondre de façon claire et définitive mais je ne suis pas franchement certain que cela soit possible pour moi ou pour quiconque. Le problème c’est que je ne peux pas démontrer que le furet domestique a des mâchoires supérieure et inférieure plus petites que celles de putois ou de furet férals ; c’est bien le cas, mais le problème de la stérilisation rend l’interprétation correcte des données difficile. Prenez le dimorphisme sexuel du furet (ceux des mâles sont plus grands) et vous aurez un désordre morphométrique. Et cela ne tient même pas compte des nutriments alimentaires, des effets de la maternité, du régime des femelles pendant la gestation, du régime des petits pendant la croissance et leur développement, des maladies, et de la génétique qui rendent la question autrement plus complexe ! Je PEUX dresser une échelle de haut en bas du « Plus Robuste » au « Plus Fragile », sur laquelle les furets sauvages/putois mâles nourris à un régime naturel seraient à l’extrémité haute tandis que les femelles stérilisées jeunes nourries aux croquettes seraient à l’extrémité la plus basse.
Les dents des furets sont rivées à la mâchoire de quatre façons : les racines dentaires, le cément, le desmodonte, et l’os entourant l’alvéole dentaire (l’os alvéolaire). Chez les furets, les racines sont généralement coniques et simples et la plupart des dents tombent facilement d’un crâne nettoyé (ce qui les rend également faciles à arracher). Les carnassières supérieures et inférieures (dents tranchantes) et les molaires supérieures ont des racines implantées dans un angle légèrement obtus, ce qui aide à les maintenir dans leur os alvéolaire. Ces dents sont généralement les seules qui restent sur les crânes de putois fossilisés. Le cément est déposé à intervalles saisonniers sur la racine, depuis le bord de la couronne jusqu’à l’apex (le sommet de la racine), formant une surface ferme pour attacher le desmodonte. Le desmodonte est un tissu conjonctif caoutchouteux qui entoure la racine dentaire dans l'espace compris entre celle-ci et l'os alvéolaire, garantissant ainsi la fixation de la dent dans l'alvéole. Il permet cependant un certain « jeu » pendant l’alimentation (si vous tenez une de vos dents de devant et que vous la bougez légèrement vous sentirez ce « jeu » et la pression sur le desmodonte dans votre alvéole). Sans ce jeu, la dent comme l’os qui la soutient seraient stressés physiquement à chaque repas et ils se fractureraient, s’écraseraient ou se fragmenteraient et la dent serait rapidement perdue. L’os entourant l’alvéole (le trou) est élastique, ce qui lui permet de répondre aux stress biomécaniques, à la pousse de dents, à la perte de dents etc. en augmentant ou en diminuant la quantité déposée autour de la dent.
Quand un furet perd une dent, l’alvéole finit par se remplir d’os et l’épaisseur de la mâchoire inférieure diminue à cet endroit. Pourquoi ? L’os répond à la pression biomécanique (comme TOUT os), se raffermissant pour renforcer la structure générale et éviter toute fissure. Si une seule dent est perdue, la réduction de la mâchoire inférieure met rarement en danger la mâchoire entière, mais si plusieurs dents adjacentes sont perdues, la masse osseuse perdue pourrait rendre le risque de fracture plus important. Quelques dentistes évolutionnaires ont présenté récemment des données suggérant que la santé dentaire est améliorée par l’adoption d’un régime alimentaire évolutionnaire incluant des périodes de mastication similaires à celles que l’on trouve chez les membres sauvages de l’espèce.
La mastication prolongée, comme quand un furet ronge le bout d’un os, fait bouger les dents dans leurs alvéoles, imposant un stress au desmodonte et stimulant la production (ou le remplacement) de l’os. Cela aide à maintenir l’os qui entoure l’alvéole sain et cela cause probablement l’os additionnel de se poser. Cependant, je ne connais aucune étude publiée qui soutient de tels événements chez les furets. Je suspecte également que si le phénomène était réel, les changements causés par la stérilisation seraient plus prononcés et neutraliseraient le gain de masse osseuse potentiellement initié par la mastication prolongée (il est POSSIBLE que cela soit un argument EN FAVEUR de la mastication prolongée, si on y réfléchit bien…).
Merci pour cette excellente question ; vous m’avez donné matière à réfléchir.
Bob C.
Date : Dimanche 8 2003 10:44:21 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C : Questions et Réponses : La consommation d’os : Questions (G)
Q : Que serait une solution disons… à 70% pour donner des os ? Je veux dire par là, qu’est-ce que vous proposez qui soit accessible à « tout un chacun » ?
R : J’achèterais des ailes de poulet, des cous, et des dos, je les plongerais dans l’eau bouillante pendant 5 à 10 minutes et je laisserais les morceaux sécher. Une fois secs, je placerais chaque morceau dans un sachet hermétique individuel et les mettrais au congélateur. Deux ou trois fois par semaine, je prendrais un morceau, le décongèlerais au micro-ondes, le découperais en deux ou trois et le donnerais à mes poilus.
Le seul problème est de convaincre les plus entêtés que le vrai poulet est bon à manger. Même si les furets ont un système olfactif prédéfini, ils peuvent orienter leur goût selon ce qu’on leur offre. Vous pouvez essayer POUR COMMENCER habituer les petits gars au goût du poulet avec des petits pots bébé, ce qui n’est pas très difficile si vous en mettez un peu dans leur bouche TOUS LES JOURS. ENSUITE, vous pouvez utiliser un marteau pour écraser les os à l’intérieur des morceaux, puis découper le tout avec un sécateur à volaille. Trempez les petits morceaux dans un petit pot bébé au poulet et placez-le dans la bouche du furet. Cela prendra un certain temps mais tôt ou tard ils comprendront que le poulet est un bon aliment (pour certains cela peut prendre beaucoup de temps).
Q : Si je rince des ailes de poulet à la mode Buffalo pour en enlever les épices, est-ce que je peux les donner à mon furet ?
R : Les ailes de poulet à la mode Buffalo sont généralement cuites au four, qui est une forme de cuisson à sec. La cuisson à sec rend les os plus durs, ce qui augmente les risques d’esquilles, source d’inquiétude pour beaucoup de gens. Cependant, le temps de cuisson pour les ailes est bien plus court que pour les morceaux épais de poulet comme le blanc, donc le durcissement est minimal (si vous pouvez croquer un os, alors le furet le peut aussi). D’après MA PROPRE expérience les furets ne mangent généralement pas les parties pointues de l’os et préfèrent les bouts des os plus mous, et pleins de nutriments. C’est donc un point plutôt discutable mais cela vous inquiète (vous ou votre vétérinaire), évitez-les. Je ne suis pas certain que vous devez à tout prix enlever la sauce si votre furet aime bien ce goût ; ça ne va pas lui faire plus de mal qu’à vous (Tui ADORE les en-cas goût de piment Jalapeno !). De ma propre expérience, les furets aiment cacher leurs os ; et je ne suis pas certain d’apprécier de voir des ailes de poulet à la mode Buffalo toutes collantes ramasser de la poussière dans toute ma maison. Beurk.
Q : Quel type d’os de furet cuit puis-je donner à mon furet ? Je ne sais pas s’il va le manger mais je vais essayer.
R : Personnellement, je préfère les cous, les dos (plus exactement le synsacrum – une combinaison du bas du dos et du pelvis), les ailes, les jambes et les cuisses. Les cous sont pleins d’os viandeux et l’os est principalement trabéculaire donc aucun risque d’esquille. Les dos contiennent généralement les reins – un mets de choix pour les furets. Les ailes ont de petits os mais les furets semblent s’y faire à merveille. Les os des cuisses sont larges, donc même s’ils sont longs, ils sont tellement gros que les furets ne mangent généralement pas le milieu qui se brise en esquilles ; ils se concentrent plutôt sur l’os trabéculaire rempli de chair sur les bouts.
Q : J’aimerais également savoir ce qu’il est arrivé dans les quelques cas où il a été confirmé que la mort [des furets] a été causée par la consommation d’os et si possible, quelles ont été les circonstances dans lesquelles le problème est survenu afin de pouvoir l’éviter.
R : A ma connaissance, il n’existe AUCUN article publié et revu par des pairs de furets morts d’avoir consommé des os. Il n’existe AUCUN rapport d’autopsie post-mortem qui confirme qu’un furet est mort pour cette raison. J’ai rassemblé quelques histoires dignes de foi concernant des blessures (digne de foi étant un terme très relatif, puisque la plupart de ces rapports restent non confirmés) et deux d’entre eux évoquent la mort (mais pas un seul n’est confirmé d’une autopsie). La lecture de ces rapports est inutile , chaque rapport représente une « erreur » car aucun ne présente de lien ou de corrélation avec la consommation d’os ou l’alimentation. Lancez deux dés un million de fois et il y a une bonne probabilité que vous parveniez à lancer six fois douze à la suite, mais vous ne pourrez jamais prédire à quel moment cette suite va se produire. Les problèmes liés à la consommation d’os sont similaires aux lancers de dés parce que les blessures représentent des « erreurs » ; elles arrivent au hasard et ne sont pas prédictibles. Telle est la nature du risque ; indépendamment de la probabilité réelle de blessure, tout individu peut faire l’expérience d’une erreur.
Je n’ai jamais dit que nourrir avec des os était sans risque. Tout ce que j’ai dit c’est que le risque est minimal et que les bienfaits qui en découlent en valent la peine. Les furets adorent mâcher des os, ils vont même les chercher activement pour les mâcher (une fois qu’ils ont réalisé que les os étaient comestibles), et les os leur permettent de relâcher leur stress, leur apportent des micronutriments importants, et des minéraux. J’ai pesé le pour et le contre et j’ai choisi de nourrir mes furets avec des os. PAS UN SEUL d’entre eux n’a à ce jour eu de problème. Il est POSSIBLE que vos furets aient un problème. C’est à vous de juger les risques et les bienfaits par vous-mêmes.
Bob C.
Date : Dimanche 8 2003 11:06:00 -0500Source : "Church, Robert Ray (UMC-Student)"
Objet : Bob C : Questions et Réponses : La consommation d’os : Questions (H)
Q : Vous dites demander des preuves, mais comment prouvez-vous que vous en savez suffisamment sur les os pour que nous nous fiions à ce que vous dites sur la sécurité de donner des os bouillis ? Quelles sont vos références ?
R : Je refuse généralement de discuter de références parce que c’est un exercice futile et ridicule que de mettre en valeur ce qui n’a pas de valeur réelle pour quelque argument spécifique que ce soit. Je n’ai AUCUNE références qui prouvent que j’ai raison et toutes les références du monde ne sauraient me donner raison si j’ai tort. La demande (et la citation) de références est un stratagème couramment utilisé par des gens qui soutiennent des thèses erronées afin de détourner l’attention de leur manque de cohérence. En d’autres termes, ils ne sont pas capables de répondre au débat, donc ils préfèrent remettre en question la personne qui réfute leurs arguments et suggérer que leurs propres références sont toute la preuve dont ils ont besoin pour avoir du crédit, plutôt qu’offrir des données testables ou citer des rapports publiés (« Qu’en savez-vous ? - J’ai un doctorat dans ce domaine ! - Oui mais quelles sont les données qui PROUVENT votre argument ? - J’ai un doctorat dans ce domaine ? ») Pour TOUTE question controversée vous pouvez trouver des « experts en accréditation » qui soutiennent des thèses de part et d’autre. Prenez par exemple la controverse actuelle sur les régimes amincissants miracles. La question ne devrait JAMAIS être « Est-ce qu’Atkins est plus intelligent que tous les nutritionnistes professionnels accrédités des Etats-Unis ? ». La VRAIE question devrait être : « Est-ce que les données disponibles soutiennent telle thèse plutôt que telle autre ? »
Et puis, tous les doctorats ne se valent pas ; les critères pour devenir un expert dans un domaine peuvent requérir bien plus d’efforts académiques que pour un autre. Je ne suis PAS en train d’insinuer des différences intellectuelles mais il est vrai que certains programmes sont plus difficiles que d’autres, et que certains sont tellement sélectifs qu’ils sont réservés à une élite intellectuelle. Enfin, certains sont plus pointus que d’autres en terme de recherches et nécessitent une éducation vaste et spécifique. Le domaine dans lequel je travaille est de ceux-là, car il requiert des connaissances EXHAUSTIVES en zoologie, biochimie, nutrition, archéologie, taphonomie, écologie, anatomie, ostéologie, orthodontie, maladies, statistiques, théories évolutionnaires, théories de modélisation, et davantage. Mes intérêts reflètent cette diversité de connaissances ; je suis non seulement membre du FML, mais j’appartiens également à une douzaine d’autres mailing lists, parmi lesquelles on trouve celles dont les sujets embrassent la sélection naturelle, l’évolution de l’être humain, la nutrition, la morphométrie, l’écologie des prédateurs, et diverses listes de zoo-archéologie (et maintenant vous comprenez pourquoi je ne réponds pas de suite aux e-mails). Ces listes me donnent accès aux gens les plus pointus de ces domaines ; par exemple, quand j’ai vu le commentaire du Dr Kemmerer sur la durée de vie des chiens, cela ne m’a pas seulement permis d’utiliser ces données dans mes ouvrages personnels et mes articles à titre informatif, j’ai EGALEMENT pu demander à deux spécialistes du loup de confirmer ces données. Sur ces listes on trouve des travailleurs manuels, des bacheliers, et des diplômés jusqu’au doctorat, MAIS il est rare qu’il soit fait mention des références de chacun, et je n’ai JAMAIS vu PERSONNE remettre en question les idées des uns ou des autres sur la base de ses références OU même suggérer qu’une personne avait raison parce qu’elle a un diplôme. Pourquoi cela ? Parce que ce sont des listes de DISCUSSION ; c’est-à-dire des lieux où les questions sont discutées de façon démocratique. Des points de vue qui s’opposent avec un « club des références » n’a pour effet que de décourager la participation de gens qui ont peur de confronter leur point de vue avec celui d’un « expert ». On devrait se préoccuper davantage de l’IDEE, et non de la personne.
Quant à mon expertise à propos des os, il suffit de lire mon dernier article : Church et Lyman 2003 Small fragments make small differences in efficiency when rendering grease from fractured artiodactyl bones by boiling. Journal of Archaeological Science 30:1077-1084. J’ai trois autres articles au sujet des os sur le feu, dont un sur les nutriments osseux. J’ai publié ou soumis à la critique des articles sur d’autres sujets. J’ai des milliers de micrographies d’électrons, des centaines de microanalyses, des un nombre incalculable de fragments osseux qui ont surgi pendant cette étude. Je ne traiterai pas une nouvelle fois de la question des références mais je dirais qu’il y a un bon nombre de personnes qui réclament des références qui en manquent cruellement elles-mêmes et pourtant demeurent dans le halo de la dénomination d’ « expert ». Quant à moi, je NE ME CONSIDERE PAS comme un expert ; je ne suis qu’un étudiant de plus en « furetologie » qui a encore beaucoup de choses à apprendre.
Mon intime conviction (et je l’ai dit déjà de nombreuses fois en personne ET sur cette liste) est que les références sont sans valeur aucune si le message que l’on offre est erroné.
Ceci conclut cette série de posts sur la consommation d’os. Merci de votre compréhension, de votre attention et de vos questions pertinentes.
Bob C _________________ furet
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